Les utilities britanniques risquent de sortir perdantes des législatives
Rarement des élections législatives britanniques ont été aussi indécises. A quelques semaines du vote, attendu le 7 mai, le Premier ministre conservateur sortant David Cameron et son adversaire travailliste Ed Miliband sont toujours au coude à coude dans les sondages. Cette indécision fait peser une chape de plomb sur le secteur des utilities britanniques. Selon les analystes de Deutsche Bank, le secteur «fait face aux élections générales les plus risquées depuis 1992».
S’il est élu, Ed Miliband a en effet promis un gel des tarifs de l’énergie jusqu’en 2017 et entend accorder plus de pouvoir à l’Ofgem, le régulateur du secteur, pour lui permettre d’imposer d’éventuelles baisses des prix. Ed Miliband a déjà son opinion: il estime que les tarifs pourraient être réduits de 10% dans le courant de l’hiver 2015-2016. Qualifiée de «blague» par David Cameron, la promesse électorale de son adversaire travailliste a toutefois contribué à alimenter le débat économique ces derniers mois et a pesé dans le durcissement du ton du régulateur. A la demande de l’Ofgem, la Competition and Market Authority enquête depuis l’an dernier sur le secteur. Elle devrait rendre ses premières conclusions en mai ou en juin.
Centrica semble le plus menacé par une victoire du parti travailliste. L’activité de distribution de gaz du groupe, via British Gas, aux particuliers et aux entreprises, représente environ un tiers de sa valeur d’entreprise, selon les estimations des analystes. Une baisse de 1% de la marge de l’activité aux particuliers amputerait de 10% la valeur de Centrica, calcule Deutsche Bank. Selon le scénario des analystes de la banque allemande, si Ed Miliband s’installe au 10 Downing Street, Centrica pourrait perdre 22% en Bourse.
SSE et National Grid ne seraient pas épargnés, mais dans moindre mesure, grâce à leurs réseaux de transmission de l’électricité qui représentent la majorité de leurs actifs. «Mais le principal risque à long terme d’une victoire des travaillistes serait la création d’un nouveau régulateur capable d’imposer des baisses de prix», craignent les analystes de JPMorgan. Les actionnaires des utilities britanniques découvriraient alors le risque politique que connaissent bien les investisseurs d’EDF ou de GDF Suez en France.
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