Les trois agences de notation accroissent la pression sur Vivendi
Il ne manquait que Standard & Poor’s. Après Moody’s et Fitch en début de semaine dernière, l’agence de notation s’est inquiétée hier de la situation de crédit de Vivendi. S&P a placé sous surveillance avec implication négative les notes du groupe de télécoms et de divertissements.
Actuellement à BBB, la note à long terme pourrait être dégradée d’un cran dans les prochaines semaines, ce qui maintiendrait toutefois le groupe en catégorie «investment grade», notation à laquelle est très attachée la direction du groupe depuis les ennuis financiers du début des années 2000. Le groupe est noté BBB par Fitch et Baa2 par Moody’s.
A la différence de Moody’s et de Fitch, qui avaient fait part de leurs inquiétudes deux jours avant la démission surprise de Jean-Bernard Lévy, la mise sous surveillance de S&P intervient après l’annonce du départ du président du directoire. A la suite de cette démission pour désaccord stratégique avec le conseil de surveillance, «nous pensons que le groupe pourrait décider de refondre son portefeuille d’activités, ce qui pourrait affecter défavorablement notre évaluation du profil de risque de Vivendi», explique S&P. «Nous pensons également que des pressions potentiellement fortes de la part d’actionnaires pourraient précipiter des initiatives financières ou stratégiques avec un impact dilutif sur le crédit», ajoute l’agence.
En dehors de ces inquiétudes sur la stratégie du groupe, les trois agences pointent unanimement du doigt sa faible marge de manœuvre. Fin 2011, la dette nette de Vivendi s’élevait à 12 milliards d’euros et le groupe s’est engagé à la maintenir sous le seuil de 14 milliards fin 2012, même après l’intégration du rachat d’EMI. Or, dans le même temps, l’excédent brut d’exploitation du groupe devrait plier, en consolidé, d’un peu plus de 5%, sous l’effet de la chute attendue de 12% à 15% de celui de SFR, premier contributeur aux résultats. Et 2013 ne s’annonce guère meilleure.
A moins de couper un peu plus dans son dividende, ce qui mécontenterait les actionnaires, Vivendi aura du mal à réduire le montant de sa dette en 2013. Sans compter, comme le rappelle Fitch, que le procès en cours avec Liberty Media aux Etats-Unis va contraindre le groupe à provisionner dans ses comptes une partie du risque financier représenté par cette affaire, soit 765 millions d’euros au maximum.
Plus d'articles du même thème
-
Entain pâtit de l’interdiction soudaine des jeux et paris en ligne au Brésil
Le groupe britannique de jeux et de paris sportifs révise légèrement à la baisse sa prévision de croissance de ses revenus nets des jeux en ligne de 5%-7% à 4%-6% pour 2026. Il maintient sa prévision d’Ebitda. -
« La liquidité, c’est la confiance »
Vincent Chaigneau, directeur de la recherche de Generali Investments, se penche sur la récente fièvre de l'obligataire et les tensions sur les taux. -
Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
Agée d'à peine plus de trente ans, cette nouvelle voix de la Direction générale du Trésor navigue entre régulation, affaires publiques et intérêts privés avec la conviction que derrière les chiffres et les textes, la finance reste avant tout une affaire de confiance.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le nouveau cadre SFDR se précise mais des désaccords demeurent chez les professionnels
- La France recule au 29ᵉ rang mondial du classement retraite de Natixis IM
- L’Europe lance un Pacte des investisseurs institutionnels européens pour la tech européenne
- Les assureurs ont orienté leurs achats vers la dette longue en 2025
- La Caisse des Dépôts va cesser de souscrire des obligations d'entreprises pétrolières
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionDavid Baverez : « Maintenir les taux d’intérêt bas pour éviter un défaut étatique exacerbe les tensions sociales »
David Baverez : « Nous nous dirigeons, entre la Chine et les Etats-Unis, vers une divergence monétaire insoutenable dans la durée » -
Tribune libreFrance inter, le PS et Emmanuel Macron … Les leçons de l'effet boomerang
Dans une tribune, le communicant Robert Zarader décrypte quatre événements de l'actualité récente lors desquels le message s'est retourné contre celui qui l'a émis -
A Rennes, la mairie instaure un permis de louer, avec de lourdes amendes à la clé
Dès le printemps prochain, quelque 900 logements du centre de la ville bretonne seront soumis à une autorisation préalable de mise en location de logement