Les tensions s’intensifient sur la valeur de Foncière Paris France

Le conseil de la foncière rejette à l’unanimité le projet d’OPA de PHRV. Le dialogue semble difficile avec son premier actionnaire
Bruno de Roulhac

Alors que le conseil de Foncière Paris France (FPF) vient de rejeter à l’unanimité – Cofitem-Cofimur n’a pas pris part au vote – le projet d’OPA de Paris Hôtels Roissy Vaugirard (PHRV) à 100 euros par action en numéraire, la foncière s’offre déjà à d’éventuels acquéreurs. A condition que l’opération soit «soutenue par un vrai projet industriel et à un prix très proche de l’actif net réévalué (ANR)», explique son PDG Jean-Paul Dumortier. L’ANR était de 135,2 euros fin juin 2011.

«Nous ne sommes pas surpris par la réponse de FPF, confie PHRV. Nous regrettons qu’aucun débat n’ait pu avoir lieu au conseil, le président de FPF ayant demandé à notre représentant permanent de ne pas y participer. Nous allons maintenant rencontrer les actionnaires pour leur exposer nos positions». Le dialogue semble en effet difficile... «Cette offre, non sollicitée, non discutée avec le management et avec les principaux actionnaires, est hostile, poursuit Jean-Paul Dumortier. Or, le projet d’OPE de Foncière des Régions (FDR), amical, avait été négocié au préalable, avec un prix offert proche de notre ANR, FDR se traitant habituellement, avant l’été, avec une décote limitée par rapport à son actif net ».

A l’époque Cofitem-Cofimur, premier actionnaire du groupe avec 18,5% du capital (et avec près de 25% de concert avec PHRV), en désaccord sur la stratégie et le prix, avait voté contre l’offre de Foncière des Régions. Il aurait demandé une liquidité autour de 125 euros selon un proche du dossier. «Nous avons été choqués par le projet d’OPE, qui ne comportait aucune composante en numéraire et qui était en décalage avec la stratégie de croissance organique affichée par la société au printemps dernier», estime PHRV. FPF vise un patrimoine d’un milliard d’euros d’actifs d’ici deux à trois ans.

Pour l’heure, PHRV n’a pas l’intention de relever les termes de son offre. «Nous sommes prudents sur l’ANR compte tenu des incertitudes pesant sur le secteur, estime la société. D’une part, les évaluations des actifs risquent d’être revues à la baisse. D’autre part, la politique de dividende de FPF pèse sur ses fonds propres, près de la moitié de la distribution étant prélevée sur les réserves».

Le conseil de FPF a nommé le cabinet Détroyat en qualité d’expert indépendant, comme en juillet dernier. Le rapport devrait être finalisé dans environ quatre semaines et sera rendu public dans la note en réponse de FPF adressée à l’AMF.

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