Les tensions politiques à Hong Kong pèsent sur les acteurs du luxe
Tous les indicateurs ne sont pas au vert pour le secteur du luxe. Burberry, qui s’était déjà inquiété en novembre dernier de la faiblesse persistante de la demande russe et chinoise, a prévenu le marché hier que ses mauvaises ventes de fin d’année à Hong Kong pourraient peser sur les marges de son exercice clos fin mars 2015.
Si les ventes au détail du groupe britannique ont progressé de 8% en comparables à 604 millions de livres au troisième trimestre clos fin décembre, la croissance était inférieure à 5% en Asie, et même en léger recul à Hong Kong secoué par les récentes manifestations pro-démocratie, alors qu’elle était de plus de 10% en Amérique, et en Europe Moyen-Orient. Burberry dégage des marges particulièrement élevées dans l’ancienne colonie britannique, qui pèse pour plus de 10% de ses ventes. Or, ce marché «continuera à être difficile», a prévenu Carol Fairweather, directeur financier de Burberry. Prada, qui est coté à Hong Kong, avait également inquiété les investisseurs début décembre, en annonçant une baisse des ventes en Asie-Pacifique en raison des troubles hongkongais.
De plus, Burberry, qui avait déjà prévenu que sa marge pâtirait des effets changes négatifs sur son premier semestre, n’attend pas d’impact «significatif» positif des effets devises sur son second semestre 2015.
Des inquiétudes qui ont entraîné un recul de 1,32% de l’action à Londres, bien que les ventes de Burberry soient ressorties au-dessus des attentes des analystes. Christopher Bailey, directeur général de Burberry, mise sur le nouvel an chinois, attendu le 19 février, pour soutenir les ventes pour la fin de l’exercice.
Aurel BGC, qui n’est plus à l’achat sur le titre, estime que Burberry «reste l’une des plus belles histoires du secteur. […] Malheureusement la transition à venir au Japon, indispensable sur le plan stratégique, va inévitablement peser sur sa dynamique de résultats à court terme». Le titre, qui a déjà rebondi de près de 45% sur les trois derniers mois, voit ainsi son potentiel de croissance limité.
Les mesures anticorruption en Chine et la crise ukrainienne devraient continuer à peser sur le secteur du luxe, mais les acteurs européens pourraient profiter de la baisse de l’euro, en particulier face au dollar. Il faudra attendre la mi-février pour connaître les résultats de LVMH et de Kering.
Plus d'articles du même thème
-
La flambée du conglomérat Vingroup déséquilibre la Bourse vietnamienne
Alors que l’action du conglomérat vietnamien affiche un gain proche de 1.000% depuis janvier 2025, les fondamentaux du groupe ne suffisent pas à expliquer ce phénomène. -
La BCE s'apprête à relancer un cycle de resserrement monétaire
La logique économique voudrait que la banque centrale remonte ses taux jeudi 11 juin de manière «préventive», sans annoncer la suite. Mais la logique monétaire amène plus souvent l'institution de Francfort à conforter ou orienter les marchés sur des vues restrictives pour lutter contre l’inflation. -
Banco BPM propose à Monte dei Paschi d'engager des discussions en vue d'une fusion
Le rapprochement entre les deux établissements donnerait naissance au deuxième acteur du secteur bancaire italien, avec une capitalisation boursière supérieure à 50 milliards d'euros.
ETF à la Une
VanEck lance un ETF sur les infrastructures d'électrification
- Atalian s’apprête à passer sous le contrôle de ses créanciers
- Berkshire Hathaway mise sur la promotion immobilière résidentielle
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- BNP Paribas Fortis, déjà numéro un, veut se dépasser en Belgique
- L’IA pousse la concentration des marchés à son paroxysme
Contenu de nos partenaires
-
SidérationAffaire Lyhanna : la justice s'impose dans la campagne présidentielle
Le meurtre de la jeune fille a fait irruption dans le débat présidentiel, déclenchant une énorme vague d'émotion, en plus d'une attente de réponses politiques. Les candidats en lice se livrent une première compétition -
Sous tensionRachat de SFR : le grand flou sur l'emploi
L’accord colossal entre géants conclu samedi soir bouleverse le paysage des télécoms et interroge sur l'avenir de 8 000 salariés -
Aux armes et cætera« On est chez nous » : à Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon convoque la « Nouvelle France » aux urnes
Pour le lancement de sa quatrième candidature à l’élection présidentielle, le leader insoumis part en croisade contre les « obsédés de la race » qu’il espère (enfin) affronter au second tour en 2027