Les syndicats s’élèvent contre le plan stratégique de Carrefour
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Alexandre Bompard, PDG du groupe Carrefour, pendant la conférence de presse ce 23 janvier.
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Bloomberg
Les principaux syndicats de Carrefour ont dénoncé la «méthode» du géant de la distribution qui a annoncé ce matin la suppression de 2.400 postes sur un total de 10.500 dans les sièges du groupe via un plan de départs volontaires, FO redoutant un plan «bien plus vaste». Cette crainte a été d’ailleurs confirmée par le PDG du groupe Alexandre Bompard qui a précisé lors d’une conférence de presse que le projet de sortie de 273 ex-magasins Dia du groupe pourrait se traduire par un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) pour les 2.100 salariés concernés, faute de trouver des repreneurs.
Outre la «rationalisation» des effectifs de ses sièges en France, Carrefour a aussi annoncé une réduction des coûts de deux milliards d’euros dès 2020 en année pleine, par le biais d’économies sur la logistique et les coûts de structure. Un comité de groupe France extraordinaire est convoqué vendredi. «Il y a encore des obligations légales en France», comme celle «d’informer les institutions représentatives du personnel avant la presse», a observé la CFDT à propos des annonces du PDG, tandis que la CGT parle d’un «scandale».
Le ministre des Finances Bruno Le Maire a de son côté prévenu que «l’Etat sera très vigilant sur l’accompagnement de chaque salarié» touché par le plan stratégique de Carrefour. Il a par ailleurs salué «les investissements massifs dans le numérique» prévu par ce plan. Le distributeur prévoit d’investir 2,8 milliard d’euros sur 5 ans, «soit six fois plus que les investissements actuellement consentis» pour se renforcer dans le numérique. Il lancera en 2018 un site unique en France, carrefour.fr, qui aura vocation à être élargi dans d’autres pays.
En attendant, les investisseurs saluent ce plan de transformation, l’action Carrefour gagnant plus de 5% à mi-séance, en tête du SBF 120.
Alors que les positions entre les créanciers et le premier actionnaire, Daniel Kretinsky, sont aux antipodes, le conseil d’administration du distributeur doit présenter un plan en espérant que les banques reverront leurs exigences.
Daniel Kretinsky d’un côté et les porteurs du prêt à terme de l’autre ont chacun soumis de nouvelles propositions pour restructurer l’endettement du distributeur. Les financements bancaires sont quasiment finalisés mais soumis à une entente des parties.
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