Les sociétés européennes cachent encore un imposant stock de survaleurs
Les entreprises européennes se soucient de moins en moins de leurs écarts d’acquisitions. Le nombre de groupes ayant enregistré dans leurs comptes des dépréciations de survaleurs a une nouvelle fois baissé en 2010, selon l’enquête annuelle de la banque d’affaires Houlihan Lokey. Seulement 155 des 600 entreprises composant l’indice européen Stoxx 600 ont déprécié leurs écarts d’acquisitions, contre 194 en 2009 et 200 en 2008. Le montant total annuel des dépréciations s’élève à 13,6 milliards d’euros en 2010, soit le niveau le plus faible jamais observé des cinq dernières années, notent les responsables de l’étude.
En 2009, les entreprises avaient passé pour 30,8 milliards de dépréciations, après un pic de 70,5 milliards en 2008. Houlihan Lokey rappelle qu’entre 2006 et 2010 les entreprises du Stoxx 600 ont dépensé plus de 1.900 milliards d’euros en acquisitions, soit un quart de leur capitalisation boursière à fin 2010, souvent dans une période de valorisation faste. Or, sur la même période, elles n’ont déprécié que 187 milliards d’euros.
La faiblesse du montant de 2010 pourrait vouloir dire que les entreprises européennes estiment que la chute des valorisations pendant la crise de 2008-2009 est aujourd’hui correctement reflétée dans leurs comptes, avance Houlihan Lokey. Ou bien que les directions estiment la valeur de leurs sociétés à des niveaux plus élevés que le prix de marché, espérant une prochaine remontée. «Cependant, environ 22% des sociétés examinées montrent encore une valeur comptable des capitaux propres proche ou supérieure à la capitalisation boursière», rappelle Marc Hayn, directeur exécutif de Houlihan Lokey, et co-auteur de l’étude. Avant la crise de 2008-2009, ce taux de risque n’était que de 7%.
Compte tenu de la chute des capitalisations boursières en 2011, le taux des entreprises «à risque» devrait donc fortement augmenter. Et, en théorie, le niveau des dépréciations des écarts d’acquisitions avec. La pratique pourrait être différente. «Les dirigeants d’entreprises ne sont pas désireux d’annoncer des dépréciations d’écarts d’acquisition pendant une période d’incertitude croissante», soulignent les auteurs de l’étude. Et jusqu’à présent les différentes autorités de marché n’ont pas fait preuve d’une extrême sévérité pour inciter les entreprises à déprécier leurs stocks de survaleurs.
Plus d'articles du même thème
-
Le stablecoin de SG-Forge permettra de régler des titres de créance d'entreprise tokenisés
Euroclear et SG Forge annoncent une collaboration pour utiliser le stablecoin dollar de la filiale bancaire, l'USD CoinVertible, pour le règlement de NEU CP. -
« Nous sommes positifs sur les actions japonaises, surtout les entreprises de taille moyenne »
Charles-Henri Kerkhove, directeur de l'allocation d’actifs chez Fidelity International -
«Il reste difficile de construire un scénario de renforcement du yen d’ici à la fin d’année»
Emmanuel Kizilian, gérant obligataire chez Cholet Dupont AM.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
Choix publicsQuand les entreprises entrent dans le débat public
Face au désert intellectuel et aux menaces politiques, les entreprises se résolvent à intervenir pour promouvoir un discours sur une compétitivité retrouvée et, dès lors, sur une action publique probablement plus restreinte -
Affaire Lyhanna : la femme de Jérôme Barella a dénoncé un viol conjugal pendant son audition
Auditionnée dans le cadre d’investigations à la suite de plaintes pour viols sur mineures visant Jérôme Barella, sa femme a dénoncé des faits de viol commis par son mari -
Canicule : malgré la baisse de la chaleur, les effets sanitaires « restent devant nous », prévient l'exécutif
Dans les hôpitaux, « un plateau haut va s’installer pendant plusieurs jours, par effet de latence sanitaire (déshydratation, décompensations, hospitalisations différées) », constatent les services du Premier ministre, samedi 27 juin. On compte 37 départements en vigilance rouge canicule ce jour, soit moins qu’hier