Les salariés s’installent dans les conseils d’administration du SBF 120
Des conseils plus jeunes, plus diversifiés et plus ouverts aux salariés. Tel est le constat prometteur du baromètre 2021 de l’Institut français des administrateurs (IFA) et d’Ethics & Boards sur les conseils d’administration du SBF 120 dévoilé jeudi matin.
Lors des assemblées générales 2021, plus des deux tiers des conseils du SBF 120 ont accueilli au moins un nouvel administrateur, avec 214 nominations, contre 170 en 2020. Cette progression s’explique en partie par la montée en puissance des administrateurs salariés dans le sillage de la loi Pacte, avec 59 nominations contre 29 en 2020. Désormais, 14% des administrateurs du SBF 120 sont des administrateurs salariés (ou actionnaires salariés), contre 7% en 2015. Deux tiers des sociétés de l’indice accueillent au moins un administrateur salarié. « En moyenne, les sociétés ont deux représentants des salariés à leur conseil, précise Floriane de Saint Pierre, Présidente d’Ethics & Boards. Leur présence devrait désormais progresser à la marge ». Les administrateurs salariés « sont entrés dans les conseils, explique Karine Dognin-Sauze, directrice générale de l’IFA. Reste à observer comment ils trouvent leur place en faisant valoir leur spécificité ». Ils siègent principalement au comité de rémunération, mais aussi dans les comités stratégie, RSE ou de nomination.
Deux tiers du SBF 120 ont un comité RSE
La RSE se matérialise dans les conseils. Près des deux tiers des sociétés du SBF 120, dont la quasi-totalité dans le CAC 40, ont un comité en charge de la RSE, contre un tiers en 2019. Un atout français alors que moins d’une société britannique sur deux a un comité RSE et seulement 8% en Allemagne. La France est également « très en avance sur l’intégration des métriques RSE et climat dans la rémunération des dirigeants », poursuit Floriane de Saint Pierre. La quasi-totalité des sociétés du CAC 40 affichent des objectifs RSE précis dans la rémunération variable annuelle ou de long terme du dirigeant, contre 50% en 2018.
La féminisation des conseils ne se dément pas, et frôle maintenant les 46%, avec 10 présidentes non exécutives, contre 6 en 2019, bien devant le Royaume-Uni (37% dans le FTSE 100) et les Etats-Unis (31% dans le S&P 100). Dans les comex, avec 23% de femmes, contre 18% en 2019, « nous avons rattrapé le Royaume-Uni et les Etats-Unis, mais nous les devançons avec 10% de dirigeantes, contre 8% dans le FSTE 100 et le S&P 100 et 3% en Allemagne (HDax) », se félicite Floriane de Saint Pierre.
Un mouvement générationnel s’amorce
Les trois quarts des administrateurs de l’année sont des primo-entrants dans le SBF 120, apportant un vent de jeunesse et de nouveauté. « Avec ces arrivées, un mouvement générationnel commence à s’opérer », se félicite Karine Dognin-Sauze. Les nouveaux venus ont en moyenne 55,6 ans, pour une moyenne de 58,7 ans au sein du SBF 120. Ils ont également des profils plus variés. Si la moitié est toujours issue de directions générales ou de la finance, 11% ont un profil numérique (contre 4% en 2019), 9% proviennent de la responsabilité sociale (1% en 2019), 7% ont une compétence juridique ou de risques (3% en 2019) et 4% viennent des ressources humaines (1,5% en 2019). « Cette diversité est largement portée par les femmes », constate Floriane de Saint Pierre, soulignant l’arrivée de profils très engagés sur les sujets sociaux, comme Swati Piramal chez EssilorLuxottica ou Alessia Mosca au Crédit Agricole. « Le capital humain devient un sujet stratégique, et la compréhension de la transformation par le numérique ne doit pas se limiter au cyber, poursuit Karine Dognin-Sauze. L’objectif n’est pas d’avoir une série de spécialistes au conseil qui n’interviendrait que sur le sujet de compétences. Si le SBF 120 affiche une gouvernance exemplaire, il reste des marges de progression pour que la diversité de compétences se matérialise en intelligence collégiale ».
Des pratiques à suivre par les plus petites sociétés
La séniorité dans les mandats reste stable sur la durée, avec 43% d’ancienneté de 4 à 12 ans, 11% de plus de 12 ans, et 14% de moins d’un an. « L’ancienneté au conseil permet d’avoir une bonne connaissance de l’entreprise, rappelle Floriane de Saint Pierre. En revanche, un conseil avec beaucoup de premiers mandats est plus vulnérable ».
Autre évolution de gouvernance, le SBF 120 compte deux tiers de direction dissociée, alors qu’en 2017, la moitié des sociétés avait un PDG. En revanche, la proportion d’administrateurs indépendants reste stable à 60%
Avec la crise, le nombre des réunions du conseil a augmenté, passant de 9 en 2019 à 12 à 2020, avec un taux d’assiduité qui atteint 97%, contre 93% en 2019. « La crise a conduit à un rapprochement entre le comex et le conseil et une meilleure articulation entre orientations stratégiques et déclinaisons opérationnelles », ajoute Karine Dognin-Sauze.
Maintenant, « nous attendons que ces bonnes pratiques soient suivies par les plus petites sociétés », conclut Floriane de Saint Pierre.
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