Les salariés des PME françaises ont reçu 15 % des bénéfices distribués au titre de 2010
L’ATH, association technique regroupant 22 cabinets d’audit et de conseil, vient de publier une étude sur le partage de la valeur ajoutée et la répartition des bénéfices, en s’appuyant sur un échantillon de 450 PME françaises issues de sa clientèle. Il en ressort une augmentation de la valeur ajoutée générée par ces entreprises de 4,6% entre 2009 et 2010, pour une progression de leur chiffre d’affaires limitée à 3,2%. Mais cette évolution est très hétérogène d’un secteur à l’autre, avec par exemple une hausse à 2 chiffres dans l’hôtellerie restauration ou les services, une stagnation dans l’industrie et un recul de 6% dans le BTP.
Si l’on calcule la part globale (valeur ajoutée et bénéfices distribués) attribuée aux différentes parties prenantes, la proportion est de 68,4% pour les salariés (salaires et charges sociales), 10,9% pour l’Etat (taxes et impôts liés à l’exploitation), 8% pour les actionnaires (dividendes perçus) et 12,7% pour l’entreprise. La part destinée à l’entreprise progresse de 4 points d’une année sur l’autre contre une baisse de 1 point pour chacune des parts consacrées aux salariés et à l’Etat et de 2 points pour celle des actionnaires.
Outre une meilleure gestion de la masse salariale et une volonté politique d’accompagnement des entreprises par les pouvoirs publics, cet écart en faveur de ces PME s’explique par «leur volonté de consolider leurs fonds propres» sur fond d’incertitude économique.
Sur le critère des bénéfices calculés après impôt sur les sociétés, la part attribuée à l’entreprise est de 43% contre 42% pour les actionnaires et 15% pour les salariés (participation, intéressement et primes liées au résultat), ce qui reste fort éloigné d’une répartition à parts égales entre ces trois parties prenantes, préconisée début 2009 par Nicolas Sarkozy.
L’ATH rejoint les suggestions du Medef qui propose de simplifier les dispositifs de partage des bénéfices. Alors que l’intéressement est facultatif, la participation, obligatoire pour les sociétés de plus de 50 salariés, est parfois perçue comme «peu représentative des performances réelles de l’entreprise». L’association préconise également «un lissage des effets de seuils» sur les effectifs (10, 20 et 50 salariés) car ces seuils déclenchent des obligations financières ou de représentativité des salariés qui peuvent freiner le développement des PME.
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