Les résultats semestriels d’E.ON reflètent l’accord conclu avec Gazprom
Le rapport semestriel détaillé d’E.ON confirme le net redressement des résultats du groupe allemand. Outre l’impact positif de 1,5 milliard d’euros lié à l’absence de charges exceptionnelles passées mi-2011 suite à l’abandon accéléré du nucléaire décidé par le gouvernement allemand, E.ON a revu début juillet en baisse le prix d’achat du gaz qu’il achète au russe Gazprom. Applicables rétroactivement à partir de début 2011 et jusqu’en 2036, ces nouveaux tarifs lui ont permis d’améliorer son bénéfice de 1,2 milliard au premier semestre. Stimulé par les activités de trading, son chiffre d’affaires a progressé de 23% à 65,4 milliards d’euros sur la période. Le groupe a également confirmé un bénéfice net ajusté de 3,3 milliards qui a plus que triplé en un an (948 millions entre janvier et juin 2011).
«Nous avons négocié avec succès notre approvisionnement en gaz et la réorganisation de l’entreprise est en bonne voie, grâce au programme d’optimisation E.ON 2.0», a commenté le président du directoire, Johannes Teyssen, en maintenant sa prévision d’un bénéfice net ajusté entre 4,1 et 4,5 milliards d’euros pour l’ensemble de l’exercice 2012, tandis que l’excédent brut d’exploitation est attendu entre 10,4 et 11 milliards. La baisse de la demande a cependant continué à affecter l’utilisation des capacités de production du groupe en Europe de l’Ouest, avec un impact négatif sur les prix et sur les marges. E.ON entend donc continuer à améliorer son portefeuille de génération électrique conventionnelle, à réduire ses coûts, et à «céder certains actifs là où cela sera nécessaire».
Malgré une hausse du cash flow opérationnel de 5% à 2,5 milliards d’euros entre janvier et juin, E.ON n’a pas été en mesure de réduire sa dette nette qui a progressé de 13% en 6 mois (et de 22% en un an) pour atteindre 41,1 milliards au 30 juin, en raison du paiement du dividende, des investissements dans les énergies renouvelables et d’une «augmentation significative» des provisions pour retraite découlant d’un plus faible taux d’actualisation. «E.ON a des chances de s’en être mieux sorti que son concurrent RWE au premier semestre car ce dernier n’a pas encore finalisé la renégociation de ses contrats avec Gazprom», pronostique Matthias Heck, analyste chez Maquarie Capital Europe. La réponse ne tardera pas car RWE doit publier ses comptes semestriels aujourd’hui.
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