Les résultats de ThyssenKrupp virent au rouge sur des dépréciations d’actifs
Vétéran de l’industrie allemande, ThyssenKrupp aurait sans doute préféré fêter autrement son 200e anniversaire. Publiant de manière anticipée ses comptes annuels, le conglomérat affiche une perte d’exploitation inattendue de 988 millions d’euros après avoir dû passer une charge de 2,9 milliards liées à des dépréciations d’actifs. Sur ce montant total, 800 millions sont imputables à sa filiale d’aciers inoxydables récemment scindée, en raison de «problèmes structurels non résolus» sur ce marché, précise le groupe.
Le reste est lié à des dépassements de coûts et des retards de production au Brésil suite à la construction d’une nouvelle usine, à la vigueur du réal brésilien et au «nouvel accès de faiblesse» des marchés européens et américains. Le bénéfice d’exploitation ajusté, en hausse de 42% à 1,76 milliard d’euros, est de son côté inférieur aux objectifs du premier sidérurgiste allemand qui visait 2 milliards. La division «Steel Americas» ayant publié une perte d’exploitation de 1,07 milliard d’euros, le responsable de la division Hans Fischer quittera le groupe à la fin de cette année, dix mois seulement après s’être fait débaucher chez le concurrent Salzgitter pour prendre les rênes de cette activité.
Arrivé en début d’année aux commandes de ThyssenKrupp, le directeur général Heinrich Hiesinger avait déjà annoncé en mai son intention d’alléger d’un quart le chiffre d’affaires du conglomérat, soit 50 milliards d’euros, ce qui induirait la suppression de 35.000 emplois. L’aggravation de la situation rendra sa tâche encore plus difficile, d’autant que l’incapacité du groupe à prévoir les conséquences de la crise des dettes souveraines sur l’économie réelle en Europe «empêche toute prévision chiffrée fiable pour 2011-2012».
Au Brésil, les dépassements de coûts «ne pourront pas être compensés à court terme», ce qui devrait provoquer une nouvelle perte pour la division «Steel Americas», tandis que la division aciers en Europe devrait enregistrer une nouvelle baisse de son activité et de ses bénéfices. A plus court terme, une baisse «significative» du bénéfice d’exploitation est attendue en rythme annuel pour le trimestre en cours. Malgré l’annonce du versement d’un dividende inchangé de 0,45 euro par action au titre de l’exercice écoulé, l’action a terminé la séance de vendredi en recul de 6,4% à 17,8 euros.
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