Les réserves britanniques face au rapprochement EADS-BAE se multiplient

Après la menace d’exercice d’un droit de veto agitée par Londres, Invesco, le premier actionnaire de BAE, critique vertement le projet
Bruno de Roulhac

A l’avant-veille de la date butoir du 10 octobre pour finaliser le projet de rapprochement entre EADS et BAE Systems, les voix anglaises se font entendre avec force. Invesco Perpetual, premier actionnaire de BAE avec 13,3% du capital, a émis hier un certain nombre de réserves à la fusion. Le fonds d’investissement déclare «ne pas comprendre la logique stratégique» du rapprochement, qui risque de «menacer la position unique et privilégiée de BAE sur le marché de la défense aux Etats-Unis» sans identifier les avantages permettant de compenser cette situation.

Sur un plan plus financier, Invesco juge que «la parité de fusion ne reflète pas la génération de cash supérieure de BAE et la qualité de ses flux de bénéfices, liée à la nature et à la durée de ses contrats», et que le rendement du dividende de BAE, de 5,9%, est deux fois plus élevé que les 2,3% offerts par EADS. Or, le projet ne précise rien sur la politique de distribution au-delà de 2013.

Enfin, pour Invesco, la croissance ne doit pas se faire au détriment de la génération de cash et de dividende, qui sont des facteurs encore plus importants de création de valeur à long terme.

Si Invesco ne peut, seul, bloquer le projet, ses récriminations interviennent dans un contexte déjà tendu entre Paris, Londres et Berlin. Dimanche, le secrétaire britannique à la Défense a menacé d’exercer sa golden share si les gouvernements français et allemands ne prennent pas des engagements sur leur rôle dans la nouvelle entité. Londres souhaite que l’Etat français s’engage à ne pas détenir plus de 9% du capital du nouvel ensemble et donc renonce à racheter la participation de Lagardère. Pour leur part, les Allemands pourraient monter à 9% du capital pour être au même niveau que la France.

La question du choix des sièges sociaux devrait aussi continuer à agiter les protagonistes. Si le siège d’EADS devrait être basé à Toulouse, les Allemands aimeraient que le siège social d’Eurocopter quitte Marignane pour s’installer outre-Rhin.

A défaut d’accord avant mercredi soir, EADS et BAE devront renoncer à leur mariage. Reste la possibilité de solliciter un report auprès du régulateur britannique. Mais le Takeover Panel britannique «peut tout à fait refuser d’accorder un report s’il estime que les Etats ne sont pas capables de converger», explique une source à Reuters.

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