Les rémunérations britanniques font le grand écart

En 2013, les dirigeants des groupes du FTSE 100 ont gagné 143 fois plus que la moyenne de leurs employés. L'écart n'était que de 47 fois en 1998
Olivier Pinaud
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L’écart de rémunération s’est spectaculairement creusé en Grande-Bretagne. Selon le think tank High Pay Center, les dirigeants des entreprises composant l’indice FTSE 100 ont gagné 143 fois plus que la moyenne de leurs employés en 2013. En 1998, l’écart n’était que de 47 fois. Une envolée qui ne peut s’expliquer, selon Deborah Hargreaves, la directrice du High Pay Center, par la performance économique des groupes de l’indice durant cette période. Le FTSE 100 a gagné environ 30% depuis 1998.

L’écart le plus élevé se trouve au sein du groupe minier Randgold Resources: son directeur général, Mark Bristow, a perçu un salaire annuel de 4,4 millions de livres, 1.498 fois plus élevé que la moyenne des employés, travaillant pour la plupart dans des mines africaines. Le directeur général du groupe de restauration collective Compass, Richard Cousins, a gagné l’an dernier 5,5 millions de livres, 418 fois le salaire moyen d’un employé du groupe. Chez le brasseur SABMiller, l’écart entre le directeur général et le salaire moyen atteint 360 fois.

Ces chiffres, publiés quelques jours après l’annonce d’une baisse du salaire moyen britannique au deuxième trimestre, une première depuis 5 ans, viennent alimenter le débat sur un renforcement de l’arsenal législatif pour encadrer les rémunérations des dirigeants. En avril, Vince Cable, le secrétaire d’Etat aux Affaires économiques, avait rappelé à l’ordre les conseils d’administration des grands groupes britanniques sur une nécessaire modération salariale alors que les actionnaires ont depuis cette année la possibilité de voter en assemblée générale sur les rémunérations des dirigeants. Le «Say on pay» britannique, adopté en 2013, prévoit également une plus grande transparence des chiffres avec la présentation sur une seule ligne de l’intégralité des sommes perçues.

Mais selon le High Pay Center, ces chiffres montrent que ces mesures ne suffisent pas. Le think tank appelle de nouveau à la mise en place, entre autres mesures, d’un plafonnement du salaire des dirigeants. En France, le gouvernement a mis en place en 2012 un encadrement des rémunérations des dirigeants des entreprises publiques à 450.000 euros, soit 20 fois le plus bas salaire.

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