Les rachats d’actions continuent d’aller bon train aux Etats-Unis
Jusqu’à présent, Bouygues n’a pas fait d’émule. Aucun autre groupe coté à la Bourse de Paris n’a lancé une offre publique de rachat de ses propres actions, même si une grande majorité des dirigeants jugent bon marché la valorisation actuelle de leur société. Une tendance partagée par leurs homologues européens, rendus extrêmement prudents par l’aggravation de la crise en Europe depuis quelques semaines et le risque de raréfaction du crédit.
En revanche, aux Etats-Unis, les rachats d’actions vont bon train. Selon les statistiques compilées par le cabinet Birinyi Associates et par Bloomberg, les groupes américains ont autorisé depuis le début de l’année pour 453 milliards de dollars de rachats d’actions, soit le montant le plus important depuis 2007, représentant environ 3% de la capitalisation totale de la Bourse américaine. Rien que pour le troisième trimestre, elles ont annoncé 119,8 milliards de rachats de titres, 67% de plus qu’un an auparavant.
En période de crise, la tactique semble efficace d’un point de vue boursier. Depuis le 1er août, le Share Buyback Achievers Index, indice qui regroupe les entreprises américaines ayant racheté au moins 5% de leur capital en un an, a très légèrement progressé alors que le S&P 500 a plié de 2,6%. En cinq ans, il a gagné 10,5%, tandis que le S&P 500 perdait 8%.
Au début du mois de novembre, les stratégistes actions de Citigroup reconnaissaient que tous les ingrédients étaient en place pour pousser les entreprises américaines à réduire la taille de leur capital («de-equitisation»): des résultats relativement résistants, des niveaux de valorisations faibles (11,5 fois le bénéfice estimé 2012 pour le S&P 500) et des situations financières confortables. A la fin du deuxième trimestre 2011, selon les données de la Fed, les groupes américains étaient assis sur 2.000 milliards de dollars de cash, deux fois plus qu’en 2000, 40% de plus qu’en 2009. Certains groupes, comme le laboratoire pharmaceutique Amgen, profitent même de conditions de crédit attractives pour financer leur programme de rachats d’actions. Une situation qui a tout de même incité Moody’s à dégrader, depuis le début de 2011, 19 sociétés qui ont racheté leurs propres titres à crédit.
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