Les prévisions de résultats du S&P 500 défient l’incertitude
Si en fin de semaine dernière Zalando, Pandora Novo Nordisk ont relevé leurs objectifs de résultats pour 2020, est-ce révélateur de la tendance générale ? Apparemment non. En effet, les prévisions bénéficiaires pour 2020 continuent à se dégrader, mais modérément, en Europe et au Japon, tandis que les prévisions de bénéfices sont toujours révisées à la hausse outre-Atlantique.
En septembre, les estimations de résultats 2020 ont été abaissées de 2% sur le Nikkei 225, de 1,3% sur le CAC 40 et de 0,5% sur le Stoxx 600 Europe, selon les données FactSet. Le mois dernier, au sein du Stoxx 600, l’automobile (+17%) et les produits de base (+10%) ont profité des plus forts relèvements, alors que les perspectives du secteur du tourisme et des loisirs (-8%) sont encore revues à la baisse, comme tous les mois depuis le début de la crise du Covid-19. En revanche, les prévisions de résultats ont été rehaussées de 0,5% sur le S&P 500 en septembre. «Un nouveau relèvement des estimations parait moins probable, note Cholet Dupont. Un relèvement des perspectives d’activité pourrait être nécessaire pour prolonger cette dynamique positive.» Les attentes des analystes actions sur les résultats des entreprises américaines, non seulement optimistes, apparaissent en décalage avec les perspectives macro-économiques récemment abaissées pour la fin de l’année.
D’ailleurs, aux Etats-Unis, «un net ralentissement de l’activité économique au quatrième trimestre et au début de 2021 semble inévitable, ajoute Aurel BGC. Mais ce scénario n’est pas intégré dans les anticipations d’EPS [bénéfice par action] du consensus des analystes sur l’indice S&P 500, compilé par Factset. Il n’est donc pas illogique que les PER [ratio cours/bénéfice] se ‘dégonflent’ un peu sur les indices américains, en attendant des révisions de prévisions d’EPS, qui seront forcément à la baisse après la publication des résultats d’entreprises du troisième trimestre». Les banques américaines dévoilent leurs résultats à partir de demain. Les PER à 12 mois ont déjà reculé en septembre et s’établissent à 21,7 pour le S&P 500 et 18,1 pour le Stoxx 600. Des niveaux qui restent au-dessus de leur moyenne historique.
Cette année, la France devrait le plus souffrir avec une chute attendue de 46,1% du résultat par action 2020 sur le CAC 40, contre une baisse de 35,6% sur le Stoxx 600, et limitée à 17,7% sur le S&P 500. Seule note d’espoir, les analystes anticipent un très fort rebond des résultats en 2021 : +68% sur le CAC 40, + 43% sur le Stoxx 600 et +26% sur le S&P 500.
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