Les PME sont les premières victimes du désengagement des assureurs-crédit
Les problèmes de trésorerie ont un impact grandissant sur les entreprises françaises. C’est l’une des conclusions de la deuxième édition du baromètre annuel du cabinet ARC, spécialisé dans l’optimisation du poste client.
Menée en septembre auprès d’un échantillon de 500 entreprises de plus de 50 salariés, l’enquête indique que 54% des responsables interrogés (contre 44% en 2011) ont plus de mal à recouvrer leurs créances qu’il y a un an, principalement en raison de la détérioration de la trésorerie de leurs clients.
Près de 6 entreprises sur 10 (contre 48% l’an dernier) estiment en outre que «la situation économique générale en France va se détériorer au cours des 6 prochains mois», ce qui n’augure pas d’une inversion de tendance rapide.
Si la part des entreprises ayant constaté une augmentation de leurs litiges évolue peu d’une année sur l’autre (25% contre 27%), 36% d’entre elles jugent que ces contentieux proviennent en partie d’une volonté de leurs clients de se soustraire à la loi de modernisation de l’économie (LME).
Une dégradation des délais de paiement est constatée par 23% des entreprises sondées, avec un effet plus marqué concernant les PME. Pour ce type de clients, la détérioration dépasse 21 jours dans 30% des cas, contre 16% pour une clientèle de grands comptes (plus de 250 salariés).
Afin de compenser les retards de paiement de leurs clients, 28% des entreprises sondées allongent les délais de paiement aux fournisseurs, tandis que 30% ont recours au découvert bancaire ou à l’escompte de leurs effets commerciaux. Le désengagement des assureurs-crédit, relevé par 83% des responsables, touche particulièrement les PME déjà confrontées à la frilosité des banques.
Etant donné que «leurs fournisseurs, qui ne sont plus garantis par leur assureur-crédit, exigent un paiement à la livraison, (…) les PME sont contraintes d’utiliser le crédit fournisseur, ce qui engendre naturellement un rallongement des délais de paiement», explique Denis Le Bossé, président du cabinet ARC.
Plus de la moitié des entreprises interrogées (53%) déclarent accompagner leurs clients en difficulté, un tiers ayant mis en place un échéancier de paiement sans prise de garantie mais homologué par le tribunal, ce qui facilitera le recouvrement effectif de la créance.
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