Les PME et ETI françaises sont loin de voir la fin de la crise
Entre 2008 et 2013, les indicateurs de rentabilité se sont dégradés, tandis que la croissance des ventes couvre à peine l’inflation, constate le baromètre ATH.
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Bruno de Roulhac
Depuis 2010, la santé financière des PME et ETI françaises ne cesse de se dégrader, constate la deuxième édition de l’observatoire ATH, association technique de cabinets d’audit. Sur 2008-2013, le chiffre d’affaires des PME a crû de 9,02% et celui des ETI de 10,1%, en ligne avec l’inflation de 9,8%. En 2013, la progression s’est limitée à 1,20% pour les PME et 0,63% pour les ETI. L’exposition à l’international (40% des PME et 60% des ETI sont exportatrices) ne semble pas suffire pour redresser les ventes.
En cinq ans, PME comme ETI ont perdu près d’un point de marge d’Ebitda. Désormais 16% des PME (+5 points depuis 2008) et 21% des ETI (+4 points) ne dégagent plus d’excédent brut d’exploitation (EBE) et brûlent du cash. En 2013, la rentabilité opérationnelle «était même inférieure à celle de 2009, constate Philippe Blin, associé au cabinet Sefac. Et aucun rebond n’est à attendre cette année», d’autant que le quatrième trimestre a mal démarré dans le secteur de la distribution. Tous les secteurs d’activité souffrent, en particulier le BTP, avec une marge d’EBE tombée de 6,7% en 2008 à 3,1% en 2013.
En cinq ans, la marge nette a reculé de 0,30 point à 2,61% pour les PME, mais de 1,62 point à 3,14% pour les ETI. Les PME se défendent mieux en partie grâce au CICE, expliquent les experts d’ATH. Autre signe d’inquiétude, le taux de capacité d’autofinancement, n’est plus que de 3,9% pour les PME et de 6,2% pour les ETI. Là aussi, l’écart se réduit entre PME et ETI. Si les structures financières restent solides, «les banques sont plus dures dans l’octroi de prêt, et demandent souvent aux actionnaires de renforcer les fonds propres», explique Philippe Mendes, associé au cabinet ACA.
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