Les perspectives des sociétés américaines incitent à la prudence
Alors que le ralentissement de la croissance de l’activité manufacturière aux Etats-Unis, annoncé le 2 janvier, a provoqué une correction du S&P 500, la semaine à venir s’annonce importante pour les investisseurs: la publication des comptes d’Alcoa lundi ouvrira en effet la saison des résultats 2014 des sociétés américaines, qui devraient donner des indications sur les perspectives d’activité pour 2015.
FactSet estime que les sociétés membres du S&P 500 afficheront en moyenne une croissance de 2,3% de leurs bénéfices au dernier trimestre. Certains analystes ont réduit leurs prévisions de résultats au fur et à mesure que l’on avançait dans le quatrième trimestre. Zacks Investment Research estime à 1,2% la croissance moyenne des bénéfices anticipée par les 185 courtiers qu’il suit, contre +9,6% en septembre. «Ce déclin ne traduit pas une détérioration récente et générale de la rentabilité des sociétés, mais reflète l’évolution du prix du pétrole», indique la société de recherche, qui estime qu’environ 45% de la baisse sont liés à des révisions dans le secteur de l’énergie – une tendance que l’on retrouve d’ailleurs sur les valeurs européennes, note Citigroup.
Le marché cherchera à savoir si les Etats-Unis pourront reproduire en 2015 le rythme de croissance des deux dernières années et à en déterminer les conséquences pour les entreprises américaines. Tobias Levkovich, stratégiste actions de Citigroup, estime que 2015 peut être un bon cru. Mais il identifie plusieurs contraintes potentielles: la poursuite de la chute des prix du pétrole, la hausse du dollar et l’incertitude sur la croissance mondiale.
D’autres sont encore plus prudent. HSBC pointe le décalage par rapport au marché européen, dont le bénéfice par action moyen est sous-évalué de 40% par rapport à celui des Etats-Unis. En outre, la réévaluation du dollar par rapport à l’euro devrait être soutenue si la BCE décidait au cours du premier trimestre d’un assouplissement quantitatif. «Avec 50% des revenus des entreprises européennes réalisées à l’étranger, cela profiterait à leurs résultats», indiquent les stratégistes de HSBC. A contrario, «les fondamentaux qui ont porté le marché américain commencent à faiblir. Les bénéfices ont atteint des niveaux records; le redressement de l’emploi, qui pousse à une hausse des salaires, les taux d’intérêt qui ne baissent plus et un dollar élevé qui pèsera sur les exportations, ont de quoi alimenter des déceptions», indique la banque.
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