Les opérateurs télécoms cherchent à rationaliser leurs actifs en Europe

Si Telefonica a exclu des cessions massives, KPN chiffre à 3 milliards d’euros les synergies d’une fusion de leurs activités en Allemagne
Yves-Marc Le Reour

Pénalisé par un marché domestique déprimé qui va entraîner la suppression de 6.500 emplois en Espagne pour un coût de 2,7 milliards d’euros, Telefonica semble condamné à céder des actifs afin de réduire un endettement de plus de 55 milliards. Mais à l’occasion d’une conférence sectorielle organisée par Morgan Stanley à Barcelone, le directeur financier Angel Vila a exclu la vente de pans entiers d’activités pour plusieurs milliards d’euros au Mexique, en République tchèque, en Allemagne ou en Chine où le groupe détient une participation de 9,7% dans China Unicom.

Il préfère procéder à une évaluation minutieuse de ses activités pour en extraire «celles qui doivent être considérées comme périphériques ou sous-performantes». Ce processus aboutira à la réalisation de «plusieurs opérations de taille unitaire limitée», explique Angel Vila, ce qui pourrait prendre un certain temps. L’Amérique latine, qui représente désormais la moitié du chiffre d’affaires de l’opérateur espagnol et sa principale source de croissance, constitue la région la plus stratégique pour le groupe. A contrario, la cession en Espagne des centres d’appels (Atento), de sa participation de 22% dans le bouquet de télévision numérique DTS ou la vente de ses 13% dans l’opérateur satellitaire Hispasat, sont davantage envisageables.

Alors que la note de crédit de Telefonica a été abaissée à BBB+ par S&P en août dernier, il reste à savoir si une dégradation supplémentaire ne remettrait pas en cause cette stratégie de restructuration douce. Le cas de l’Allemagne est intéressant car Telefonica estime y disposer d’une activité «performante qui continuera à créer de la valeur». Or, l’opérateur néerlandais KPN a de son côté indiqué par la voix de son directeur général Eelco Blok qu’un rapprochement outre-Rhin entre sa division de téléphonie mobile (E-Plus) et celle de Telefonica (O2) «pourrait générer 3 milliards d’euros de synergies». Orange et T-Mobile se sont déjà rapprochés sur ce modèle en Grande-Bretagne.

KPN est lui-même engagé dans un plan de réduction d’effectifs qui concernera un quart de ses salariés aux Pays-Bas d’ici à 2015. Préoccupé par le déclin de son activité domestique qui représente encore 70% de son chiffre d’affaires, il juge que la filiale locale du suédois Tele2 constituerait «une cible idéale pour la consolidation du marché néerlandais», mais que cette transaction pourrait faire face à des obstacles d’ordre réglementaire.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...