Les offres hostiles n’avaient pas connu pareil engouement depuis 2007
Les offres de rachat hostiles font florès en ce début d’année. Leur volume atteint selon Dealogic un niveau inédit depuis 2007. Cela même en laissant de côté l’assaut lancé par Pfizer sur AstraZeneca, qui à 122,6 milliards de dollars constitue l’offre hostile la plus importante initiée en 2014 (et la troisième plus importante dans les registres de Dealogic).
Hors donc l’opération du laboratoire pharmaceutique américain visant son concurrent britannique, le volume d’offres hostiles annoncées (et depuis en cours, finalisées, rejetées ou ayant échoué) s’élève depuis le début de l’année à 150,8 milliards de dollars. Un montant en hausse de 114% par rapport aux 70,6 milliards observés l’an dernier sur la même période à un niveau relativement constant depuis 2010. En intégrant l’offre de Pfizer, qui porte le total à 273,4 milliards, le bond atteint 287%.
En 2007, la frénésie de rapprochements avait donné naissance à fin mai à des offres hostiles pour 377,4 milliards, avec en premier lieu celle de RBS, Santander et Fortis sur ABN Amro pour 96 milliards.
A ce jour, les offres annoncées cette année restent très majoritairement en cours (205,4 milliards de dollars, soit 75% du total), le volume des opérations finalisées sur les cinq premiers mois de l’exercice se limitant à 806 millions contre 2,7 milliards l’an passé sur la même période. En parallèle, le volume des opérations ayant échoué reste peu ou prou stable, à 67,3 milliards contre 67,9 milliards en 2013. Surtout, la vive augmentation des volumes de M&A hostiles masque un nombre d’opérations en retrait, 23 cette année contre 32 en 2013, à un plus bas depuis 2005 (21 opérations). Le volume moyen par opération a donc été multiplié par 5,4 d’une année sur l’autre, passant de 2,2 à 11,9 milliards. Le fait d’exclure la bataille menée par Pfizer ramène le volume moyen à 6,9 milliards, un niveau tout de même 3,1 fois plus élevé que celui de l’an passé.
Dealogic relève également que, dans la foulée du projet du laboratoire américain, les cibles européennes sont les plus recherchées cette année en termes de volumes, avec 6 opérations totalisant 143,8 milliards de dollars, un niveau inédit là encore depuis 2007, contre 14,8 milliards seulement il y a un an. Les cibles nord-américaines ensuite concentrent un montant de 121,2 milliards, un plus haut historique.
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