Les nouveaux actionnaires de Vivarte lancent un vaste plan social à La Halle
Après un peu moins de six mois de présidence, les nouveaux actionnaires de Vivarte ont tranché. Trois enseignes du groupe de magasins d’habillement, La Halle aux vêtements, André et Kookai, ont annoncé hier à leurs salariés la prochaine ouverture d’un plan de sauvegarde de l’emploi. Au total, 1.481 postes nets devraient être supprimés, a indiqué hier Vivarte, sur un total de 22.000 personnes.
La Halle aux vêtements est la plus touchée avec 1.344 suppressions de postes nets, soit 30% des effectifs de l’enseigne. Selon les syndicats, les suppressions de postes pourraient monter jusqu’à 1.599, si les salariés concernés par les transferts vers d’autres magasins n'étaient pas reclassés. 105 postes nets seront supprimés chez André, sur un total de 500, et 32 chez Kookaï.
La Halle aux vêtements est la première enseigne du groupe Vivarte, avec environ 20% de son chiffre d’affaires, mais elle est aussi son principal foyer de pertes. Lors du dernier exercice clos en août 2014, elle a essuyé une perte d’Ebitda d’un peu plus de 60 millions d’euros, indique un proche. La priorité des fonds Alcentra, Babson, Golden Tree et Oaktree, les anciens créanciers du groupe devenus actionnaires majoritaires à l’occasion de la restructuration de la dette fin 2014, a été de passer en revue la performance de chaque magasin et de fermer les déficitaires. 244 magasins La Halle aux Vêtements, sur un total de 608, vont ainsi baisser le rideau. 37 boutiques André seront également fermées sur un total de 247.
Le dérapage de La Halle, qui s’est accéléré mi-2014 sous l’effet d’un mauvais été et d’un début d’automne trop doux, menace le fragile édifice Vivarte. Fin 2014, le groupe ne respectait pas son covenant d’Ebitda minimum attaché aux 500 millions d’euros de dette dite new money levée lors de la restructuration financière. Il a depuis obtenu de ses prêteurs, qui sont aussi ses actionnaires, un aménagement de son obligation. Le covenant ne sera pas testé jusqu’en 2016.
La dette super senior apportée par les fonds actionnaires assure une rémunération de 4% sur l’Euribor plus un intérêt capitalisé (PIK) de 7%. De quoi compenser partiellement les 2 milliards de dette qu’ils ont effacés en 2014. Initialement prévu pour assurer le développement du groupe, ces 500 millions de new money risquent de servir avant tout à financer la restructuration.
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