Les marchés émergents étoffent le carnet de commandes d’Alstom
La publication de prises de commandes au 31 décembre dernier par Alstom a suscité des réactions contrastées. Car si l’élève est méritant, avec une activité en hausse, il n’a pas tout à fait respecté les attentes des scrutateurs. Au cours du troisième trimestre de l’exercice fiscal 2010-2011, le chiffre d’affaires a enregistré une progression de 11,8% à 5,24 milliards d’euros, pour des nouvelles commandes en hausse de 30% à 5,49 milliards. Le rapport des deux indicateurs est ainsi supérieur à 1 pour la première fois depuis deux ans. Alstom n’a dès lors pas manqué de se féliciter de disposer au 31 décembre d’un carnet de commandes de 46,2 milliards d’euros, représentant deux années de chiffre d’affaires.
Les pays émergents ont représenté une «forte demande» fin 2010, particulièrement les quatre «Bric». A tel point que l’Europe n’a plus représenté que 37% des prises de commandes sur les neuf premiers mois de l’exercice, 27 points de moins que sur la même période de l’exercice 2009-2010. La contribution de la zone Asie/Pacifique a en parallèle bondi de 14 points à 25%, celle de l’Afrique et du Moyen-Orient de 7 points à 13%.
Mais ces chiffres se sont révélés inférieurs aux attentes, quand bien même Alstom a assuré que la tendance positive sur les prises de commandes devrait se poursuivre sur le trimestre en cours. «S’appuyant sur la solidité de son carnet de commandes», le groupe a d’ailleurs simplement confirmé l’objectif d’une marge opérationnelle comprise entre 7 et 8% pour l’exercice en cours et le suivant. Contre 8,2% en 2008/2009 et 9,1% en 2009/2010.
Les analystes crédit d’Aurel soulignent que les chiffres dévoilés hier «maintiennent la pression sur les notes d’Alstom». Le courtier rappelle en effet que S&P conditionne le maintien du BBB+ du groupe à une «stabilisation» des commandes sur l’exercice en cours. Même si la situation s’est améliorée au trimestre écoulé, Alstom ne touche pas encore au but, avec un repli de 14% en organique sur neuf mois après une chute de 25% au premier semestre. Moody’s, qui alloue la note Baa1, pourrait en parallèle être «déçue» selon Aurel par «une moins bonne rentabilité du carnet» du fait d’une plus grande part de l’activité transport. Le PDG Patrick Kron a par ailleurs avancé qu’Alstom restait attentif aux opportunités d’acquisitions, écartant toutefois l’hypothèse d’une opération majeure à court terme.
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