Les groupes nippons renforcent leurs implantations à l'étranger grâce au yen
La volonté de croissance externe des groupes nippons à l’international s’est considérablement renforcée au cours des dernières semaines. L’annonce faite mi-octobre par Softbank du rachat de 70% de l’opérateur mobile américain Sprint-Nextel pour 20,1 milliards de dollars est à cet égard emblématique, puisque cette prise de contrôle constituerait «la plus importante opération transnationale jamais effectuée par une société nippone», relève Dealogic. Mardi dernier, c’est Hitachi qui s’est mis d’accord avec E.ON et RWE, en vue de racheter aux opérateurs allemands leur coentreprise Horizon dans le nucléaire au Royaume-Uni pour 1,1 milliard de dollars.
Depuis le début de l’année, les entreprises nippones ont ainsi réalisé 103 milliards de dollars d’acquisitions à l’étranger selon Bloomberg, ce qui représente une progression de 13% par rapport à l’ensemble de 2011 et constitue un plus haut de quinze ans. Les sociétés de négoce Mitsui, Mitsubishi et Marubeni ont été globalement parmi les plus actives sur la période. Malgré la dépréciation d’environ 6% du yen contre dollar depuis le pic de l’automne 2011, le niveau encore élevé de la devise nippone «rend les actifs situés à l’étranger bien meilleur marché pour les groupes nippons», explique Minori Uchida, responsable de la recherche de Bank of Tokyo-MUFJ.
Avec une quasi-stagnation de l’activité attendue dans l’Archipel au quatrième trimestre et des exportations en baisse de 10,3% en rythme annuel au mois de septembre, les groupes nippons considèrent ces acquisitions comme le moyen le plus efficace pour trouver un relai de croissance. Ce recyclage du yen rencontre par ailleurs la faveur du gouvernement. Fort de ses 1.200 milliards de dollars de réserves de change, il en a mis l’an dernier une partie à disposition des entreprises nippones pour aider ces dernières à financer des acquisitions à l’étranger. Le vice-ministre des Finances, Tsutomu Okubo, a récemment déclaré que ce programme pourrait être prorogé au-delà de l’échéance initiale du 31 mars 2013.
Bien que cette sortie de capitaux soit susceptible de renforcer la tendance baissière sur le yen à court terme, l’effet à moyen terme pourrait être inverse. «Si ces transactions réussissent, les bénéfices qui en découleront reprendront le chemin du Japon et seront donc convertis en yens», résume Daisuke Karakama, économiste de marché chez Mizuho Corporate Bank à Tokyo.
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