Les groupes d'énergie ferment à la chaîne leurs actifs en Europe
La transition énergétique est en marche en Europe. Contraints et forcés par la baisse de la consommation industrielle, par des mesures d’économies d’énergie plus efficaces et par la concurrence des sources renouvelables, les grands producteurs européens d’électricité ferment ou mettent sous «cocon» de plus en plus de centrales. En milieu de semaine dernière, l’allemand RWE a annoncé la fermeture de 3,1 gigawatts (GW) en Allemagne et aux Pays-Bas, soit l’équivalent de 7% de ses capacités de production d’électricité en Europe du Nord. Et d’autres unités pourraient être concernées dans les prochains trimestres. «Au vu de l'évolution des prix et de la poursuite du boom de l'énergie solaire subventionnée, la situation est loin d'être réglée», reconnaît Peter Terium, le président du directoire de RWE.
Quelques jours plus tôt, E.ON avait annoncé vouloir réduire de 6,5 GW au total sa capacité de production entre 2012 et 2014. 2,4 GW ont déjà été fermés entre janvier et juin. Avec la baisse des prix de gros, les opérateurs de centrales au gaz accusent une perte de 16,52 euros par MW heure en Allemagne, car la priorité donnée aux producteurs d'énergies renouvelables pour alimenter la grille électrique nationale réduit le nombre d’heures où elles peuvent fonctionner. Depuis le début de l’année, les prix de gros de l'électricité ont chuté d’environ un cinquième en Allemagne en raison de la priorité donnée aux énergies renouvelables subventionnées.
Moins présent dans ce pays, GDF Suez souffre néanmoins des mêmes maux. Le groupe français, présent en Europe centrale, a donc été contraint en 2012 de fermer ou de mettre sous cocon des centrales représentant 10,6 gigawatts, soit environ 7% de sa puissance installée en Europe. Au premier semestre 2013, alors que ses centrales à gaz n’ont fonctionné qu’à 31% de leurs capacités, 1,4 GW supplémentaire a été mis sous cocon. Le groupe a prévu de passer en revue 2 GW de plus dans le courant de l’année.
Si elles permettent de limiter les sortie de cash, ces fermetures, définitives ou temporaires, risquent d’alourdir le montant des dépréciations d’actifs de ces industriels. Les analystes de JPMorgan calculent que le risque potentiel porte sur près de 4,2 milliards d’euros, soit un peu plus de 5% de la capitalisation boursière cumulée de GDF Suez, E.ON et RWE.
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