Les gérants votent en moyenne sur les trois quarts de leur portefeuille
D’année en année, les gérants s’engagent davantage lors des assemblées générales. En 2014, le nombre de participations aux AG a augmenté de 3% et même de 12% dans l’Union européenne, constate la treizième édition de l’enquête de l’AFG réalisée auprès de ses membres. Désormais, les gérants participent à quatre AG d’émetteurs étrangers pour une AG française.
Les sociétés de gestion de portefeuille (SGP) votent en moyenne pour 72% des actions cotées détenues dans leur portefeuille (80% pour les actions françaises, 75% pour celles de l’Union européenne, et 53% pour celles du reste du monde). Néanmoins, les gérants soulignent la subsistance de barrières au vote en Europe, comme les droits de vote multiples diluant les voix des gérants, ou le blocage des titres et des modalités complexes d’organisation d’AG engendrant des coûts dissuasifs.
Signe de leur engagement actif et volontariste, les SGP n’ont pas approuvé une résolution sur cinq (17% d’opposition et 1% d’abstention) et se sont opposées au moins à une résolution dans 75% des AG françaises et dans plus de 60% des AG étrangères «où le champ des résolutions est plus restreint», rappelle l’AFG. Les tensions concernent principalement les rémunérations des dirigeants, avec 40% de résolutions contestées. Et dans une moindre mesure les opérations financières et les dispositifs anti-OPA avec 26% et 21% des résolutions contestées. En revanche, le taux d’opposition aux nominations d’administrateurs n’est que de 15%. Et l’AFG attend que ses recommandations – notamment sur le nombre de membres libres d’intérêt ou sur le cumul des mandats – soient appliquées.
Un taux d’opposition qui pourrait se réduire à l’avenir puisque la qualité des dialogues entre émetteur et gestion s’améliore, particulièrement en France. D’ailleurs, les gérants expriment une opinion plutôt positive sur la gouvernance et sur la compétence des dirigeants. Seul reproche, l’absence de précision sur les critères d’attribution des actions gratuites et des stock-options.
Les trois quarts des gestions utilisent les services des proxys pour voter aux AG étrangères, mais seulement 60% ont recours à ces agences de vote pour les AG françaises. Les trois quarts utilisent le programme de veille de l’AFG.
L’engagement des gérants ne devrait pas se démentir cette année, surtout en France où la loi Florange vient mettre à mal le principe «une action, une voix», au cœur des recommandations de l’AFG.
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