Les géants des mines ont déprécié de 25 milliards de dollars leurs actifs en 2012
La valse des dépréciations d’actifs se poursuit dans le secteur minier. Glencore et Xstrata, qui mènent depuis un an un projet de rapprochement, ont annoncé hier un peu plus de 2,6 milliards de dollars de dépréciations d’actifs cumulées, liées à la perte de valeur de sites d’aluminium, de platine ou de nickel, dont 1,65 milliard pour Glencore seul. Depuis le début de l’année, BHP Billiton (3 milliards de dollars), Anglo American (4,6 milliards) et surtout Rio Tinto (14,4 milliards) ont annoncé des dépréciations d’actifs et de survaleurs massives, conséquences de la baisse des prix des matières premières sous l’effet notamment du ralentissement de la consommation en Chine et d’une inflation continue dans les coûts d’exploitation.
Au total, les cinq géants des mines ont vu leurs capitaux propres fondre de près de 25 milliards de dollars en 2012 sous l’effet des dépréciations. Des charges exceptionnelles qui ont coûté leur poste aux directeurs généraux de Rio Tinto et de BHP Billiton et provoqué de nombreuses interrogations des investisseurs sur la gouvernance des groupes miniers.
C’est dans ce contexte chahuté que Glencore et Xstrata tentent de parachever leur projet de rapprochement. Initialement programmée en mars, après deux reports, la signature officielle a été repoussée au 16 avril prochain. Le groupe doit encore obtenir le feu vert des autorités de la concurrence chinoise pour finaliser son opération, lancée il y a tout juste un an. Un retard qui empêche le groupe de mettre en place les synergies espérées et qui a cristallisé de nombreuses tensions en interne, dans les équipes de management.
La direction du nouvel ensemble est d’ailleurs appelée à être remaniée dès la signature du rachat de Xstrata par Glencore. Désigné initialement pour prendre les commandes du nouvel ensemble, Mick Davis, le directeur général de Xstrata, n’assurera la direction de «Glenstrata» que pendant 6 mois avant qu’Ivan Glasenberg, le directeur général de Glencore, ne prenne sa place. De même, John Bond, le président du conseil de Xstrata, démissionnera dès le rapprochement finalisé. Paul Myners, l’ancien ministre des Finances de Gordon Brown, fait figure de favori pour prendre la présidence d’une entreprise de plus de 250 milliards de dollars de chiffre d’affaires.
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