Les fonds de démantèlement nucléaire servent de soupape de désendettement
Les différents fonds d’actifs dédiés au financement du démantèlement des installations nucléaires constituent un bon outil de gestion de la dette des entreprises censées les abonder. Areva pourrait ainsi profiter de cette structure pour éviter que son investissement à hauteur de 10% dans le consortium de construction des deux centrales nucléaires de type EPR en Grande-Bretagne ne vienne aggraver son endettement. Le groupe public pourrait avoir à injecter 600 millions d’euros dans ce projet, aux côtés d’EDF et des chinois CGN et CNNC. Cette somme représente environ 13% du stock de dette nette d’Areva au 30 juin 2013.
En plaçant les actifs sous-jacents dans son fonds dédié au démantèlement de ses installations, Areva s’économiserait un abondement futur dans ce véhicule régi par la loi. Fin 2012, le portefeuille dédié d’Areva était valorisé 5,7 milliards d’euros et était composé à 40% de FCP obligataires et monétaires. La valeur au bilan des provisions pour les «opérations de fin de vie» s’élevait à 6,3 milliards d’euros. Les règles de composition du fonds dédié, aussi bien en termes d’emprise et de dispersion des risques que de nature des investissements, ont été fixées par le décret du 23 février 2007.
Pierre Aubouin, le directeur financier d’Areva, a indiqué aux Echos que des discussions ont donc été engagées avec l’administration et le gouvernement français pour déterminer si la part de 10% dans ces actifs industriels britanniques pouvait entrer dans le fonds. La demande est inédite et ne devrait pas manquer de susciter le débat entre les différents ministères de tutelle. Il s’agirait en effet de la première fois que des actifs nucléaires, certes situés à l’étranger, serviraient à financer le démantèlement d’actifs nucléaires en fin de vie.
EDF avait également utilisé son fonds d’actifs dédiés pour alléger sa dette. En 2010, le producteur d’électricité y avait logé la moitié du capital de sa filiale RTE pour une valeur de 2,3 milliards d’euros. Le transfert, couplé à une modification de la gouvernance de la société, avait permis de déconsolider d’un coup d’un seul 6,3 milliards d’euros de dette. Le groupe y a également récemment logé la part de 20% acquise au capital du réseau de transport de gaz TIGF.
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