Les fondateurs de Google verrouillent leur emprise sur les choix stratégiques
Google est à la manœuvre. Le leader américain des moteurs de recherche en ligne va émettre un nouveau type d’actions de catégorie C cotées séparément sur le Nasdaq. Pour chaque titre actuel détenu, les actionnaires recevront une nouvelle action sans droit de vote associé. En outre, les employés qui recevront des actions Google à l’avenir percevront également des titres ne donnant pas de droit de vote.
Le conseil d’administration a déjà approuvé cette proposition. Elle sera soumise au vote des actionnaires lors de l’assemblée générale qui se déroulera le 21 juin prochain. Son issue laisse cependant peu de place au suspense puisque les hauts dirigeants détiennent la plus grande partie des droits de vote. Alors qu’il se prépare à prendre le contrôle de Motorola Mobility, Google précise que la même règle prévaudra pour les futures acquisitions en actions effectuées par le groupe.
Ce projet assure aux actionnaires actuels de conserver le pouvoir à long terme. Huit ans après l’entrée en Bourse de Google, ses fondateurs comptent ainsi garder la main sur les choix stratégiques. «La dilution quotidienne liée à des rémunérations de routine en actions et d’autres dilutions possibles, comme des acquisitions en titres, vont probablement saper [la structure actuelle du capital]», expliquent Larry Page et Sergey Brin, les fondateurs, dans une lettre aux actionnaires. Et Larry Page d’ajouter lors d’une conférence de presse que «c’est sur moi et Sergey que les investisseurs ont parié depuis le début». A eux seuls, ils détiennent près de 58% des droits de vote grâce à leurs actions de classe B qui donnent dix fois plus de pouvoir que celles de classe A.
Reniant le principe «une action-un droit de vote», le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a lui aussi prévu de créer une structure de capital duale lors de l’introduction en Bourse du site afin de s’assurer d’en garder le contrôle, même avec une part minime du capital.
La décision de Google pourrait cependant avoir des conséquences sur le cours de l’action qui a clôturé vendredi en baisse de 4,06% à 624,60 dollars et a gagné 31,77% sur les cinq dernières années. D’autant que le «split» de l’action incitera le groupe à conserver les 49 milliards de trésorerie qu’il détenait à la fin du mois de mars, plutôt que de le distribuer en dividende comme le fait Apple.
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