Les évictions de dirigeants ont bondi avec la crise
L’éviction de Dalton Philips, le patron de Morrisons, a fait bondir de 4,47% l’action de la chaîne d’épiceries britannique. Ce phénomène invite à s’interroger sur le bien-fondé des changements à la tête des groupes cotés européens, dans un contexte où, face à des perspectives de croissance mitigées en Europe, les actionnaires hésitent moins à contester les responsables.
«Les investisseurs sont devenus plus attentifs aux changements à la tête des entreprises», affirme Morgan Stanley dans une étude parue lundi sur le sujet. Deux raisons à cela, selon les analystes de la banque américaine. D’une part, le marché doute des perspectives de croissance économique en Europe et n’anticipe pas de hausse des bénéfices par action à court et moyen terme. D’autre part, l’activité des entreprises redémarre malgré tout, dans un contexte de coût de financement extrêmement faible: pour qu’une entreprise figure dans le camp des gagnantes, elle doit avoir les dirigeants adéquats.
Les changements de direction ont augmenté ces dernières années, selon le recensement effectué par Morgan Stanley. Ils ont concerné 21% et un peu moins de 20% des sociétés de l’indice MSCI en 2013 et 2014, contre 16% en 2010. Cette tendance touche particulièrement les télécommunications (35% des sociétés du secteur concernées l’année dernière par exemple), les services aux collectivités et l’énergie.
Reste à savoir si l’arrivée d’une nouvelle direction produit l’effet escompté sur le cours de Bourse. «Notre analyste historique montre que si un changement ne conduit pas nécessairement une action à surperformer le marché, il limite sa sous-performance dans les deux ans qui suivent», indiquent les analystes de la banque américaine. Notamment auprès de sociétés qui affichent un ratio prix/valeur comptable faible (inférieur à 1) et/ou un rendement sur fonds propres très élevé (supérieur à 30%) ou modeste (entre 5 et 10%).
Dès lors, l’identification de valeurs dont le titre pourrait profiter d’un changement récent survenu à leur tête peut être utile. Morgan Stanley publie une liste de 13 sociétés dans ce cas, notamment les groupes pharmaceutiques Shire et Novartis, les utilities Veolia Environnement et GDF Suez, le distributeur Tesco et les sociétés de biens d’équipement Rolls Royce, SKF et Zumtobel. Ce portefeuille affiche une progression médiane de 1,7% en termes absolus et de 0,3% par rapport au MSCI depuis l’annonce des changements de direction.
Plus d'articles du même thème
-
Audi s'apprête à construire sa première usine aux Etats-Unis
La marque haut de gamme du groupe Volkswagen a prévu d’investir 4 milliards de dollars en vue de produire jusqu’à 200.000 véhicules par an à partir de 2030. -
La BCE se dirige vers un statu quo sur fond d'envolée des spreads
D’un côté, la croissance résiste et l’inflation énergétique augmente. De l’autre, la hausse des taux longs prend le relais de la Banque centrale européenne dans le resserrement des conditions financières. L’institution devrait rester l'arme au pied jeudi, sans proposer d’intervenir sur les taux français. -
Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
L’insurtech, alliée pour l’occasion à Allianz, arrive première dans l’appel d’offres du contrat santé quinquennal destiné à couvrir les salariés des organismes de sécurité sociale. L’instance paritaire qui doit entériner ce choix a été démise de ses pouvoirs pour quelques semaines, le temps qu’une administratrice provisoire valide la décision.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
Contenu de nos partenaires
-
EruptifEmmanuel Macron et Sébastien Lecornu face aux crises : comment trouver la sortie ?
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent répondre aux revendications des lycéens et des syndicats alors que les violences peuvent à nouveau enflammer la France -
CitadelleA Orléans, le récit de « civilité » de Marine Le Pen et du RN à l’épreuve des tensions
Marine Le Pen a placé son lancement de campagne sous le signe de la « civilité », promettant concorde et apaisement. Mais les incidents se sont multipliés à Orléans -
EditoY a-t-il encore une place pour le camp des raisonnables ?
L'ignoble attentat raciste de Trappes a donné un tragique prolongement aux haines qui prospèrent dans une France polarisée et à bout de nerfs.