Les Etats-Unis s’opposent à la soif de croissance d’AB InBev
Le rachat de la moitié du capital de Grupo Modelo échappant encore au brasseur Anheuser-Busch InBev prend du plomb dans l’aile. Le département américain de la Justice (DoJ) a lancé hier une procédure visant à bloquer cette opération chiffrée à 20,1 milliards de dollars. Selon la plainte soumise hier à un tribunal fédéral de Washington, le DoJ estime que la transaction enfreindrait les règles antitrust puisqu’elle éliminerait «la concurrence frontale significative» qui existe actuellement entre AB InBev et Modelo.
«Si ABI détenait et contrôlait 100% de Modelo, ABI pourrait augmenter les prix de la bière pour les consommateurs américains», a justifé Bill Baer, en charge de la concurrence au sein du DoJ. Selon le texte de la plainte, Modelo a mis dans le passé une pression croissante sur ABI en poursuivant une stratégie concurrentielle aux antipodes des pratiques solidement établies chez ABI consistant à tirer les prix vers le haut. L’opération marierait Bud Light, la marque de bière la plus vendue aux Etats-Unis, et Corona, laquelle figure en tête des importations. Ce nouveau poids lourd de la bière afficherait un chiffre d’affaires estimé à environ 47 milliards de dollars cette année. Les synergies en termes de coûts et de revenus sont évaluées au minimum à 600 millions de dollars par an.
Le DoJ s’est donc décidé à passer à l’action, jugeant peu efficace une proposition de conciliation faite par les deux groupes : la cession de la participation de Modelo dans Crown Imports, la coentreprise de distribution qu’ils détiennent sur le marché américain. Dans un communiqué, AB InBev a fait part de son intention de se défendre «vigoureusement», jugeant l’action du DoJ «incompatible avec le droit, les faits et la réalité du marché». De son côté, Modelo a simplement indiqué dans un avis transmis à la bourse mexicaine qu’il ne s’attendait pas à ce que l’opération soit finalisée au cours du premier trimestre.
Cette annonce a semé le trouble parmi les investisseurs. AB InBev a vu ses ADS (American Depositary Shares) accuser un repli de 5,87%, tandis que l’action Modelo a cédé 7,36% à Mexico. Constellation Brands, qui devait reprendra la participation de Modelo dans Crown Imports, a subi un traitement encore plus sévère, accusant sur le Nyse un repli de 17,39%.
Plus d'articles du même thème
-
La BCE s’achemine vers une hausse de taux en décembre
Malgré une décision unanime de ne pas remonter les taux pour l’instant, les gouverneurs de la banque centrale ont envoyé le message d’un nouveau resserrement le 17 décembre. Sauf accident sur la croissance, le mouvement devrait même se poursuivre malgré les hausses de taux longs déjà restrictives. -
Shell et Repsol décident d’accroître leur retour aux actionnaires
Après la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes du consensus, les deux énergéticiens ont relevé le montant de leurs rachats d’actions. -
Andera Partners investit 60 millions dans Tyls
La société d'investissement prend une participation minoritaire dans le réseau d’expertise comptable dans le cadre d'une opération sponsorless.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Tutti fascisti !« Tous fascistes, sauf nous » : comment Jean-Luc Mélenchon organise le vide entre le RN et LFI
Pour affronter Marine Le Pen, le leader des insoumis cherche à effacer la partie centrale de l'échiquier politique et repousse les socialistes dans le camp des fascistes -
Au nom de la loiCouvre-feux, manifs interdites, drones : nos libertés sous cloche ?
Depuis dix ans, le pouvoir macroniste a multiplié les textes sécuritaires. Avec l’objectif de répondre à la demande croissante d’ordre et d’autorité. Mais au risque de rompre l’équilibre fragile entre sécurité et libertés fondamentales -
Maintien de l’ordre : combien de temps les policiers pourront-ils tenir ?
Les forces de l’ordre, durement éprouvées le 17 octobre, sont sous pression depuis le début du mouvement lycéen il y a cinq semaines. Sans issue politique à l'horizon, combien de temps pourront-elles tenir ?