Les Etats-Unis et la Chine sauvent le troisième trimestre d’Ericsson

La pénurie de composants et les effets de change ont bridé l’activité du groupe suédois qui reste prudent sur l’évolution de ses marges
Yves-Marc Le Reour

Ericsson a connu un troisième trimestre contrasté. Son chiffre d’affaires de 47,5 milliards de couronnes (5,14 milliards d’euros) a progressé de 2% en glissement annuel mais il s’est contracté de 5% à périmètre et changes constants, soit en dessous du consensus de 48,7 milliards. «Si les goulets d'étranglement de la chaîne d’approvisionnement ont été résolus, les pénuries de composants dans tout le secteur demeurent», précise le directeur géneral Hans Vestberg. Ce facteur, qui s’ajoute à l’effet négatif du renchérissement de la devise suédoise, a amputé à lui seul le chiffre d’affaires de 2 à 3 milliards de couronnes sur la période. «La tendance pour les opérateurs télécoms est encore à la réduction des coûts et à l’externalisation de certaines opérations», estime Hans Vestberg.

La Chine et les marchés du Nord-Est asiatique, essentiellement le Japon, ont été les seuls à enregistrer une forte croissance en rythme annuel (+24%) et séquentiel (+51%), tandis que les ventes en Amérique du Nord, en repli séquentiel de 1%, ont plus que triplé d’une année sur l’autre. «En raison des effets mix favorables dans les réseaux et de la baisse des revenus de services, la marge brute ressort au-dessus des attentes à 39%», expliquent les analystes d’Oddo Securities. La marge opérationnelle a atteint 13% contre 11% à fin juin et 12% un an plus tôt, grâce à la baisse des charges de restructuration (0,9 milliard contre 2 milliards à fin juin et 2,7 milliards à fin septembre 2009).

Le doublement du cash flow d’exploitation (11,8 milliards de couronnes contre 5,7 milliards) provient d’une bonne gestion des encours clients qui a largement compensé la hausse saisonnière des stocks. Le leader mondial des infrastructures mobiles, qui entend ne pas baisser la garde sur sa structure de coûts, passera «une charge de restructuration d’environ 1,5 milliard» à fin décembre. Il anticipe une «amélioration graduelle» du rythme de croissance de son activité mais estime que ses marges seront davantage sous pression dans les mois à venir, en raison du déploiement de réseaux de troisième génération, notamment en Inde, dont la rentabilité est inférieure à celle des équipements GSM. L’action a néanmoins terminé vendredi en hausse de 4,2% à 74,9 couronnes sur la Bourse de Stockholm.

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