Les Etats-Unis bloquent la cession de T-Mobile USA à AT&T
Deutsche Telekom, qui croyait avoir définitivement tourné la page de son aventure aux Etats-Unis, a subi hier un revers inattendu avec l’opposition des autorités américaines de la concurrence au projet de rachat de sa filiale T-Mobile USA par AT&T pour 39 milliards de dollars (27 milliards d’euros). Considérant que cette opération «combinerait deux des quatre plus importants acteurs du marché et éliminerait T-Mobile, un concurrent offensif», le département de la Justice a déposé une plainte «afin de s’assurer que la concurrence continue et que tout le monde, y compris les clients, les entreprises et le gouvernement, continuent de recevoir des produits et des services de téléphonie mobile de haute qualité et compétitifs», a précisé le secrétaire adjoint de la Justice James Cool.
«Ce n’est pas une stratégie de négociation, l’autorité anti-trust entend vraiment bloquer la cession», estime Rebecca Arbogast, analyste chez Stifel Nicolaus à Washington. «Nous irons devant les tribunaux avec AT&T» pour défendre la cession, a déclaré un porte-parole de l’opérateur allemand, en saluant cependant «le fait que le département de la Justice soit prêt à discuter avec nous des possibilités de régler les considérations de concurrence».
Le régulateur américain des télécommunications (FCC) étudie parallèlement le dossier. «Même si notre processus n’est pas terminé, le dossier que nous étudions soulève aussi de nombreuses inquiétudes» pour la concurrence, a indiqué son président, Julius Genachowski. L’acquisition de T-Mobile USA par AT&T doit s’accompagner de 8 milliards de dollars d’investissements dans les réseaux, a rappelé hier l’opérateur américain en s’engageant à rapatrier aux Etats-Unis 5.000 emplois actuellement pourvus dans ses centres d’appels à l'étranger.
Si l’échec de l’opération devient définitif, Deutsche Telekom pourra se consoler en recevant d’AT&T une indemnité de rupture exceptionnellement élevée de 6 milliards de dollars au total dont 3 milliards payés en numéraire, 2 milliards émanant de cessions gratuites de fréquences et 1 milliard provenant d’économies sur les charges d’interconnexion au réseau d’AT&T. Les banques-conseils perdront en revanche environ 150 millions de dollars de commissions liées à cette opération. L’action AT&T a terminé en repli de 3,6% hier à New York tandis que le titre Deutsche Telekom a chuté de 7,6% à Francfort.
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