Les Etats européens multiplient les fonds obligataires pour les PME
Chacun à leur manière, les pays européens sevrés de crédit essayent de donner un coup de pouce à la désintermédiation bancaire. En Italie, c’est l’Etat qui est à la manœuvre. Le gouvernement prépare pour septembre un projet de décret afin de créer un fonds de crédit qui souscrirait aux obligations émises par les PME italiennes. Ce véhicule se refinancera lui-même auprès d’investisseurs institutionnels avec différentes tranches de dette.
«Il est possible que les tranches les plus juniors de la dette soient souscrites par des investisseurs spécialisés ou par les pouvoirs publics», indique Paolo Calderaro, avocat associé du cabinet Riolo Caldrearo Crisostomo, cité par Financial News et qui travaille sur le projet.
Le financement obligataire des PME non cotées est encore très peu développé en Italie. La faute à un arsenal législatif qui était, il y a un an encore, totalement inadapté. Rome a passé un premier décret en octobre 2012 pour réformer son marché obligataire corporate en supprimant des taxes et en autorisant les PME non cotées et non notées à y avoir accès. La création d’un fonds de Place constitue la deuxième étape de ce mouvement. Celle-ci est d’autant plus nécessaire que malgré la réforme de 2012, les fonds obligataires dédiés aux PME, baptisés «mini-bonds» en Italie, ont peine à décoller.
La seule initiative connue à ce jour émane de la banque Monte Paschi di Siena, qui s’est associée avec le patronat du pays (Confindustria) pour lancer fin mai le premier véhicule du genre. D’une taille comprise en 100 et 150 millions d’euros, ce dernier ne pourra résoudre à lui seul les problèmes de financement de l’ample tissu de PME italiennes.
En France, le marché est plus mature et les initiatives privées se multiplient. Mais les pouvoirs publics sont également impliqués par le biais de la Caisse des dépôts, qui s’est associée à la Fédération française des sociétés d’assurance pour promouvoir un fonds de Place.
Rassemblant 14 assureurs et destiné à investir jusqu’à 1 milliard d’euros dans la dette des entreprises de taille intermédiaire (ETI), ce véhicule aurait choisi comme gérants BNP Paribas IP et Tikehau, qui ne commentent pas. La présentation officielle de ce fonds ETI pourrait avoir lieu à l’occasion des journées de Paris Europlace, les 10 et 11 juillet.
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