Les entreprises arrivent à la limite de leurs réductions de coûts
Les analystes n’attendaient pas une telle résistance des entreprises à la récession. «Le maintien de taux de marge élevés aux deuxième et troisième trimestres, grâce aux réductions de coûts, ont permis aux entreprises d’afficher des résultats meilleurs qu’attendu, explique Pierre Sabatier, président du bureau de recherche PrimeView. Les gains de productivité ont même atteint un niveau record de +9,5% en rythme annuel au troisième trimestre aux Etats-Unis». Sur les deux tiers des entreprises du S&P 500 ayant publié leurs résultats, 80% ont dépassé le consensus, constatait fin octobreThomson Reuters. En moyenne, les bénéfices sont attendus en recul de 17,5% sur le S&P 500 et de 15% sur le DJ Stoxx 600.
Toutefois cette situation est-elle durable, après plusieurs années de réductions drastiques des coûts ? Même si les volumes d’affaires reprennent un peu, «les entreprises auront du mal à fonctionner avec aussi peu de salariés, poursuit Pierre Sabatier. La situation reste très tendue bien que l’intérim ait très légèrement repris aux Etats-Unis».
Désormais, «nous sommes arrivés au bout des réductions de coûts, avec un taux de marge jamais vu en fin de récession», ajoute Pierre Sabatier. Les marges nettes ont quasiment retrouvé le niveau des années de forte croissance de 1999 et 2000 (voir graphe).
«A l’avenir, nous ne croyons pas à la reprise des taux de croissance des ventes enregistrés dans le passé, en l’absence de rebond de la consommation des ménages. Néanmoins, ponctuellement, certains secteurs bénéficieront de la poursuite des plans de relance budgétaire, conclut Pierre Sabatier. Les bonnes nouvelles sont déjà derrière nous et intégrées dans les cours.»
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