Les entreprises américaines se ruent vers la dette obligataire
Le marché obligataire attire aujourd’hui les émetteurs américains comme l’or les aventuriers vers le grand Ouest au 19e siècle. Cette nouvelle ruée accompagne les besoins de financement de sociétés soucieuses de contenter leurs actionnaires en dividendes dès cette fin d’année, avant que les négociations autour du «mur budgétaire» aux Etats-Unis n’entraînent vraisemblablement une nette progression du taux d’imposition de cette rémunération du capital. La course aux dividendes exceptionnels et anticipés va ainsi de pair outre-Atlantique avec celle aux émissions obligataires.
Ces dernières atteignent des sommets historiques. Jusqu’à dépasser le seuil symbolique des 1.000 milliards de dollars depuis le début de l’année (jusqu’à jeudi dernier, le 6 décembre) sur le segment des émetteurs notés en catégorie investisseurs, selon Dealogic, à 1.012 milliards précisément. Un montant en hausse de 25% par rapport aux émissions de 2011 sur la même période et supérieur au précédent plus haut de 990 milliards enregistré en 2009.
Surtout, ce dynamisme trouve sa source dans un féroce appétit de la part des émetteurs non financiers, les corporates, dont les émissions ont bondi d’une année sur l’autre de 38% à 69 milliards de dollars. Ces émetteurs creusent l’écart avec le groupe des institutions financières pour représenter deux tiers des volumes cette année, à 68%, 16 points de mieux que l’an passé selon Dealogic (et contre une moyenne mensuelle de 38% depuis 2009 selon les stratégistes crédit de Bank of America-Merrill Lynch). En termes de nombre d’opérations observées, 2012 se révèle pour l’instant avec 838 émissions (+12% par rapport à 2011) l’année la plus active depuis 2005 (876 opérations). En parallèle, les émissions des sociétés financières ont progressé de 3% seulement en volume (320 milliards), pour un nombre d’opérations en recul de 14% à 1.450 unités.
Cette ruée vers le marché obligataire a gagné en intensité en novembre, avec un volume de 77 milliards de dollars côté corporates selon les stratégistes de BoA. Et début décembre, sur les seuls trois premiers jours de la semaine passée, il aurait atteint 21 milliards.
Depuis le début de l’année, JPMorgan mène la danse selon Dealogic parmi les arrangeurs des émissions obligataires investment grade aux Etats-Unis, avec une part de marché de 14,8%, suivie par BoA (11,5%) et Citigroup (10,9%).
Plus d'articles du même thème
-
BP poursuivra la réduction de ses passifs financiers
Le bénéfice trimestriel record du groupe d’hydrocarbures britannique est principalement dû à ses activités de raffinage et de trading. -
La croissance en zone euro dépasse les prévisions malgré la France
Le PIB a augmenté de 0,4% au troisième trimestre, plus que le chiffre de 0,2% anticipé, mais ralentit par rapport à la croissance de 0,6% enregistrée au deuxième trimestre. Avec des situations très contrastées, notamment entre la France et l’Irlande. -
Le géant des cryptos Binance se fait voler 6,3 milliards de dollars dans une cyberattaque
La plateforme d'échange a été ciblée par des hackers nord-coréens. Les premières estimations de pertes montent à 6,3 milliards de dollars et les retraits sont gelés.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
Contenu de nos partenaires
-
Soupçons de détournement de fonds publics au Havre : pourquoi Edouard Philippe a été placé sous le statut de témoin assisté
Entendu ce jeudi dans l’enquête visant l’agglomération du Havre, le candidat Horizons a été placé sous le statut de témoin assisté. Il échappe ainsi à une mise en examen, mais cela ne constitue pas un non-lieu pour autant -
« L’économie française est à l’arrêt » : la croissance cale à nouveau et la France frôle la récession
Au troisième trimestre, le PIB de la France a reculé de 0,1 % selon les nouvelles projections de l’Insee, après un deuxième trimestre stable et un premier aussi en recul de 0,1 % -
PatrimoineDroits de succession : comment optimiser les abattements fiscaux pour vos enfants
Mode d’emploi pour bien utiliser toutes les options existantes, et elles sont nombreuses