Les entreprises américaines privilégient l’actionnaire plutôt que l’investissement
Une saison satisfaisante pour les sociétés américaines. Alors que près de 90% des sociétés outre-Atlantique ont publié leurs résultats pour le deuxième trimestre, 76% des sociétés du S&P 500 ont dévoilé des bénéfices par action (BPA) supérieurs au consensus, et 55% ont fait mieux qu’attendu en termes de chiffres d’affaires. L’EuroStoxx –à mi-parcours des publications– fait moins bien, avec seulement 59% des ventes et 57% des BPA supérieurs aux attentes des analystes.
Ces niveaux affichés par les sociétés américaines ressortent supérieurs à la moyenne historique. Mais «les entreprises avaient ‘préparé’ le consensus, rappellent les économistes d’Aurel BGC. En prenant en compte les résultats publiés, les BPA de l’ensemble du S&P 500 devraient croître de 3,9% sur un an, contre une prévision consensuelle de +2,2% avant la publication d’Alcoa», qui ouvre traditionnellement les saisons d’annonces de résultats.
Seul bémol à ces performances, l’impact des sociétés financières, soutenues par les fortes performances des opérations de trading des banques. En dehors du secteur bancaire, les BPA sont en recul et le chiffre d’affaires stable. D’une part, l’évolution des taux de change pèse sur l’évolution de leur chiffre d’affaires, d’autre part les pressions sur les prix de vente gênent les groupes industriels, tandis que les biens de consommation non cycliques pâtissent toujours de pression sur leurs marges. Toutefois, «contrairement à nos attentes, à la vue des indicateurs macroéconomiques, les discours ne sont pas excessivement noirs sur la croissance dans les pays émergents», poursuit Aurel BGC. En particulier pour les entreprises dépendantes de la consommation des ménages ou de la santé.
Dans ce contexte de crise qui perdure, les discours restent prudents sur la fin de l’année et les entreprises américaines n’ont pas pour priorité d’augmenter leurs investissements productifs à court terme, ni donc d’accroître leur chiffre d’affaires. Elles préfèrent miser sur les marges et la rémunération des actionnaires. «La caricature s’observe chez certaines entreprises américaines distribuant à leurs actionnaires (dividendes et rachats d’actions) plus que leur free cash flow sur le trimestre», constate Aurel BGC.
Dans les prochains mois, «les perspectives de croissance des BPA et de chiffre d’affaires restent limitées, conclut Aurel BGC. Le moteur ‘résultats d’entreprises’ pour nourrir la hausse de la Bourse, peu paraître grippé…»
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