Les énergies renouvelables peinent à améliorer le profil des électriciens
Malgré un contexte incertain pour les producteurs d’électricité européens lié à la transition énergétique, la majorité d’entre eux réussissent à améliorer leur profil financier. Selon la 3e édition de l’étude de Colombus Consulting sur le secteur, huit des treize plus grandes entreprises ont vu leur Ebitda progresser lors du premier semestre 2018, tandis que neuf d’entre elles ont affiché un chiffre d’affaires en hausse. Les croissances les plus notables sont réalisées par le finlandais Fortum (+28% d’Ebitda et +23% de revenus), l’espagnol Iberdrola (+17% et +18%), le polonais PGE (+7% et +21%) et le français EDF (+18% et +6%).
Cette amélioration est en partie le fruit de la hausse des prix sur le marché de gros et des volumes de production, constate l’étude. Mais elle est aussi due aux ventes d’actifs de production d’énergie thermique. «Ces résultats encourageants sont à mettre en perspective avec la remontée des prix de marchés depuis le 2e semestre 2017 et une forte augmentation des cessions d’actifs de production. Ainsi, la capacité totale de la production thermique des entreprises du panel a baissé de 25 GW», indique l’étude.
Dans ce contexte, les électriciens ont privilégié les investissements dans les énergies renouvelables (ENR). Les capacités de production installées ont progressé de 41% depuis 2013, tandis qu’elles ont reculé de 12% dans le thermique – ce qui n’a toutefois pas empêché un recul des capacités installées dans l’Union européenne depuis 2015 (-6% en 2017 par exemple), puisque les ressources thermiques représentent encore une part nettement majoritaire.
Mais les producteurs perçoivent encore peu le fruit de leurs investissements dans les ENR, étant donné les écarts de rendement encore importants selon les modes de production. «Les actifs de production renouvelable – hors hydroélectrique – ont affiché majoritairement des résultats moins encourageants (-20% d’Ebitda pour EDF Energies Nouvelles) que les divisions composées d’activités régulées et de services (+11% pour les activités régulées d’EDF en France, +159% pour Fortum Consumer Solutions) et les actifs de production classique (+46% pour les activités françaises de génération et de commercialisation d’EDF)», note l’étude.
La diversification vers les services est poussée par la réglementation, qui favorise l’autoconsommation. Une tendance qui pourrait profiter aux grosses structures, estime Colombus, en raison de leur «capacité d’investissement, de développement de l’accès à la data, R&D pour l’exploitation de la digitalisation».
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