Les émetteurs high yield européens se tournent vers le marché du dollar
Les groupes notés moins de BB+ viennent de faire leur entrée sur le marché primaire du crédit européen après deux mois d’absence. Avec 1,5 milliard d’euros de dettes placées par quatre émetteurs, ce segment a connu sa semaine la plus active depuis juillet dernier.
Les signatures les plus solides de la catégorie sont les premières à avoir sollicité les investisseurs. Le suisse Clariant qui est classé high yield par Moody’s, mais investment grade par Standard & Poor’s, a levé 500 millions d’euros à cinq ans. Wienerberger a réalisé une émission de 200 millions d’euros principalement destinée aux particuliers. Enfin, l’allemand Fresenius, souvent à l’origine de la réouverture du compartiment, et Polkomtel ont alimenté le marché.
La bonne tenue du high yield depuis le début de l’année a contribué au retour des émissions. En trois semaines, l’indice iTraxx Crossover s’est resserré de 118 points de base (pb) à 636 pb. «Après la quasi-paralysie du marché en novembre et décembre 2011, les grandes gestions high yield ont terminé l’année avec des montants de cash très élevés, représentant jusqu'à 15 % des actifs. Le début d’année a été propice à un retour de l’appétit pour le risque, explique Tanneguy de Carné, responsable des marchés de capitaux high yield chez SG CIB. Par ailleurs, beaucoup de gérants CLO se réorientent vers le high yield.»
Mais les émetteurs ne comptent plus uniquement sur le marché en euros pour se financer. Le billet vert gagne du terrain. Les opérations de Fresenius et de Polkomtel comprenaient toutes deux une ligne en dollars, en plus de celle en euros. Ardagh, Cable & Wireless et Taminco ont quant à eux procédé à des émissions uniquement en dollars.
Le marché outre-Atlantique est en effet souvent moins coûteux. Dans l'émission de l’opérateur télécoms polonais, le rendement de la tranche en dollars était inférieur de 50 pb à celui de la tranche en euros, qui ressortait à 12,5 %. Le marché est aussi bien plus liquide car il pèse 748 milliards de dollars contre 131 milliards pour son homologue européen. Enfin, il est plus réceptif aux émissions de la catégorie B alors que le marché européen se concentre plutôt sur les titres mieux notés, autour de BB. En 2011, les émissions de signatures high yield européennes en dollar ont représenté 15 % du volume. Leur part pourrait passer à 20 % cette année d’après SG CIB.
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