Les efforts de Legrand dans les objets connectés méritent d'être valorisés
Les objectifs du programme Eliot, moteur de croissance du groupe, devraient être relevés début 2019.
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Dimitri Delmond, Agefi-Dow Jones
Legrand est en avance sur ses objectifs en matière de produits connectés.
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Photo Legrand.
Chez le spécialiste des infrastructures électriques Legrand, c’est Eliot qui montre la voie. Lancé en 2015, l’ambitieux programme devant accélérer le déploiement des nouvelles technologies de l’internet des objets (IoT) dans l’offre du groupe, baptisé Eliot donc, a pris de l'épaisseur.
A mi-parcours, il est même très en avance sur son plan de marche. Dans le cadre de cette initiative, Legrand s'était fixé comme premier objectif de doubler, de 20 à 40, ses familles de produits connectés (solutions d'éclairage, de sécurité...) entre 2014 et 2020. Résultat, le programme Eliot en regroupait déjà plus de trente en fin d’année dernière.
Les dirigeants avaient aussi confié au lancement du programme viser un taux de croissance moyen annuel d’au moins 10% du chiffre d’affaires estampillé «Eliot» entre 2014 et 2020, devant porter les revenus à plus de 412 millions d’euros d’ici la fin de la période. Mais ils égalaient déjà 488 millions d’euros à la fin 2017, à la faveur d’une progression de 28% par an de moyenne depuis 2014, soit un rythme d’expansion quatre fois supérieur au taux de croissance de l’ensemble du groupe sur la période.
Une politique de croissance externe dynamique
Ce départ en trombe dans les objets connectés, marché qui pourrait être valorisé quelque 1.100 milliards de dollars (967 milliards d’euros) à horizon 2025 selon l’association GSMA, Legrand le doit en grande partie à sa politique historique de croissance externe. «Entre 2011 et 2017, l’entreprise a réalisé pour 400 millions d’euros d’acquisitions chaque année en moyenne», rappelle son directeur général Benoît Coquart, dans un entretien accordé à l’agence Agefi-Dow Jones.
L’an passé, ces acquisitions ont notamment servi à enrichir le programme Eliot comme en témoignent les rachats des sociétés Milestone AV Technologies, Server Technology ou encore AFCO Systems Group. Une nouvelle étape a été franchie au cours de ce mois de novembre, avec l’acquisition par Legrand du spécialiste français de la maison intelligente Netatmo, dont il était déjà actionnaire depuis 2015.
Mais le groupe est loin d'être rassasié. «Notre stratégie de croissance externe va se poursuivre et nous avons identifié un certain nombre de secteurs très complémentaires de nos activités qui nous intéressent mais ne pouvons en dire plus», prévient le directeur général, avant de dresser le portrait-robot de la cible idéale.
«Celle-ci doit être en mesure d’enrichir notre catalogue de produits, occuper une position de leader sur son marché, présenter une technologie tant convaincante que durable, ainsi qu’une bonne rentabilité. Nous ne privilégions pas de zones géographiques, ni de segments de marché particuliers mais sommes très attentifs à la qualité du management et à notre capacité à pouvoir arrimer au groupe les activités à reprendre», affirme le dirigeant.
Partenaire de la Big Tech
A côté de cette politique de croissance externe, Legrand n’hésite pas à nouer des partenariats avec des acteurs majeurs de l’innovation tels Amazon, Apple ou Samsung, afin de développer des applications ou des solutions en commun. Le prochain salon Consumer Electronics Show (CES) devant se dérouler à Las Vegas du 8 au 12 janvier 2019, pourrait être l’occasion pour le groupe de signer une nouvelle salve d’accords stratégiques et techniques.
Au vu de ces avancées, les objectifs du programme Eliot devraient être prochainement révisés, et probablement en hausse. «Un point chiffré sera effectué sur Eliot effectué le 14 février 2019 à l’occasion de la publication des résultats annuels de Legrand», élude Benoît Coquart sans donner plus d’indications sur la tendance de cette révision attendue.
S’il est très difficile, même pour les analystes, d’estimer la contribution d’Eliot aux résultats du groupe, Legrand parait indéniablement en bonne position pour capter une part non négligeable du marché des objets connectés. Selon les analystes de Morningstar, «Legrand est au coeur de l’IoT pour les bâtiments commerciaux et résidentiels haut de gamme» et, en tant que leader du marché mondial des infrastructures électriques et numériques, la société est la mieux placée de son secteur pour tirer parti de «l’avantage du précurseur» dans les nouveaux produits connectés.
Pour les investisseurs, la valeur permet surtout d’obtenir une réelle exposition à un segment particulièrement dynamique, sans s’exposer outre mesure aux risques de ruptures technologiques encourus par les spécialistes de l’IoT. Pour cette entreprise gérée en bon père de famille, à la marge opérationnelle courante régulièrement autour de 20% et aux généreux flux de trésorerie, la diversification dans les objets connectés représente surtout une évolution rationnelle mais essentielle de son offre, dictée par une forte demande émanant des clients.
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