Les dividendes battent un nouveau record
Les dividendes versés par les sociétés cotées ont encore atteint un montant record, malgré le ralentissement économique et la montée des tensions commerciales internationales. Selon l’étude du gestionnaire d’actifs Janus Henderson, les 1.200 plus grandes capitalisations mondiales ont versé au total l’équivalent de 513,8 milliards de dollars au deuxième trimestre. Il s’agit d’un nouveau record pour cette période, qui fait suite au record déjà établi pour le premier trimestre (à 263,3 milliards).
La conjoncture se ressent néanmoins à travers plusieurs éléments. Le montant total versé au deuxième trimestre représente une hausse de 1,1% par rapport au deuxième trimestre 2018 : il s’agit de la plus faible progression en plus de deux ans, en raison de la hausse du dollar américain, note Janus. Cette tendance se vérifie aussi en terme sous-jacent : les dividendes calculés sans les effets de change ni les dividendes extraordinaires ont progressé de 4,6%, soit leur niveau le plus faible depuis deux ans.
«Le ralentissement de la croissance signifie que moins de nouveaux records sont atteints», poursuit le gestionnaire dans son étude. La France est l’un des quatre pays, avec le Japon (39,6 milliards de dollars, en hausse de 10,1%), le Canada (11,1 milliards, +8,8%) et l’Indonésie (5,5 milliards, +10%), à avoir établi un record trimestriel absolu. Les plus grandes entreprises françaises ont versé 51 milliards de dollars à leurs actionnaires au cours de cette période, représentant une hausse sous-jacente de 5,1%, soit le montant de loin le plus important en Europe. «Les trois quarts des sociétés françaises de l’indice ont augmenté leurs dividendes par rapport au deuxième trimestre 2018 et seul EDF l’a réduit», note le rapport. Sanofi est le quatrième distributeur de dividendes pour la troisième fois consécutive au deuxième trimestre.
Rio Tinto, premier payeur au monde
Le Royaume-Uni, avec 35 milliards de dollars (+8,7%), affiche, lui, un record pour un deuxième trimestre. Il a bénéficié du dividende extraordinaire de 4,2 milliards de dollars versé par Rio Tinto suite à la cession d’actifs non stratégiques, qui a fait du groupe minier le premier payeur de dividendes au monde au deuxième trimestre, déclassant pour la première fois depuis au moins six éditions le suisse Nestlé (qui atteint toutefois la deuxième place). Le marché britannique a également profité de la contribution importante du secteur bancaire, liée d’une part à la reprise de la distribution de RBS, d’autre part au doublement de celui de Barclays.
En Europe, l’Allemagne a été plus affectée, en grande partie en raison des mauvais résultats des constructeurs automobiles dans un secteur à la peine à l’échelle mondiale.
Même si «les dividendes progressent de façon modérée» et «le nombre de réductions augmente», Janus Henderson se veut optimiste pour la suite. «Les dividendes mondiaux ont […] augmenté de façon extrêmement rapide au cours des deux dernières années et le ralentissement auquel nous assistons n’est donc pas une source d’inquiétudes», explique Ben Lofthouse, directeur de la gestion actions internationales à fort rendement chez Janus Henderson. Le gérant rappelle toutefois l’existence d’écarts géographiques importants, le ralentissement économique ayant des effets différents selon les continents : l’Europe continentale en a le plus souffert, subissant une baisse de 5,3% du montant des dividendes versés (à 169,5 milliards de dollars), suivie par l’Asie-Pacifique hors Japon (-2,9% à 43,2 milliards).
Pour l’ensemble de l’année, Janus Henderson anticipe une hausse de 4,2% des dividendes totaux et de 5,5% des dividendes sous-jacents.
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