La hausse des dividendes défie les inquiétudes économiques
Le début de l’année 2019 a été particulièrement favorable aux dividendes malgré les doutes qui pèsent sur la conjoncture économique, montre le dernier rapport trimestriel de Janus Henderson, publié à partir des 1.200 plus grandes capitalisations boursières mondiales. Le montant global des dividendes versés aux actionnaires a augmenté de 7,8% sur la période de janvier à mars pour atteindre 263,3 milliards de dollars (235,9 milliards d’euros), un record pour un premier trimestre.
«Au vu de la volatilité de la fin de l’année dernière et de toutes les inquiétudes qui se multiplient à travers le monde avec le Brexit et la guerre commerciale, c’est plutôt positif», commente Ben Lofthouse, responsable mondial des valeurs de rendement chez Janus Henderson. En retenant les dividendes sous-jacents, calculés hors impact des fluctuations de change, versements extraordinaires, dates de paiement et changements indiciels, la croissance s’élève à 7,5% car «les importants dividendes extraordinaires ont été compensés par les effets de change négatifs liés à la solidité du dollar», relève l’étude.
Pénalisés par la faiblesse des taux de change, les marchés émergents sont les seuls à avoir enregistré un recul des dividendes totaux versés (-6,1% à 16,2 milliards de dollars), même si la bonne performance de l’Inde a soutenu les dividendes sous-jacents (+2,2%). Au Japon, la hausse de 5,7% à 5,53 milliards des dividendes totaux a été bridée par la faiblesse du yen, mais elle ressort à 8,7% en termes sous-jacents.
Généreuses banques américaines
Grâce au dividende extraordinaire du groupe minier anglo-australien BHP, la zone Asie-Pacifique (hors Japon) a enregistré la plus forte progression (+14,7% à 18,1 milliards), suivie logiquement par le Royaume-Uni (+10,5% à 20,7 milliards). Mais leur hausse sous-jacente s’est limitée à respectivement 3,8% et 4,4%. Ailleurs en Europe, les dividendes ont progressé de 9,2% à 40 milliards de dollars, soit une progression sous-jacente de 5,3%. Les tendances saisonnières signifient que la Suisse et l’Espagne sont surreprésentées, alors que la France et l’Allemagne ne contribuent que légèrement au résultat de cette période.
L’Amérique du Nord se distingue avec une hausse de 9,6% des dividendes sous-jacents à 122,5 milliards de dollars aux Etats-Unis et de 12% à 10,7 milliards au Canada, contre respectivement +8,3% et +5,6% pour les dividendes totaux. «Quasiment les neuf dixièmes des sociétés américaines de notre indice ont augmenté leurs dividendes et le secteur bancaire est celui qui a enregistré les plus fortes augmentations», souligne le rapport.
Par secteur d’activités, les sociétés pharmaceutiques ont été les plus généreuses, avec un montant global de 30,1 milliards de dollars versés, Novartis étant talonné par son compatriote helvétique Roche. Plus petit en taille, le secteur des loisirs a également distribué des dividendes élevés, en particulier grâce au versement extraordinaire du britannique Intercontinental Hotels. En termes sous-jacents, la progression la plus rapide revient à la finance, sous l’effet des établissements bancaires américains. Mais ce taux de croissance a été égalé par celui des services publics, qui génère traditionnellement des rendements élevés, tandis qu’un rebond est perceptible dans les hydrocarbures.
La société de gestion prévoit toujours une augmentation de 4,2% des dividendes versés dans le monde cette année, à 1.430 milliards de dollars. Il s’agirait toutefois de leur plus faible progression depuis 2016, moitié moindre que celle de 9,4% enregistrée en 2018.
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