Les difficultés de sa filiale allemande noircissent les résulats d’Altran
Nommé officiellement PDG d’Altran le 18 juin dernier, Dominique Cerutti, dévoilera le 17 novembre le nouveau plan stratégique du groupe de conseil en R&D. En attendant, l’ancien directeur général d’Euronext s’emploie à rétablir la situation en Allemagne. Au premier semestre 2015, la chute de 17% du chiffre d’affaires réalisé outre-Rhin a pesé sur les résultats. La marge opérationnelle courante d’Altran s’est établie à 7,6%, au niveau du consensus, sauvée par la bonne performance de la France et des pays du sud de l’Europe. Retraitée de l’Allemagne, la marge aurait été de 9,4%. Selon les calculs des analystes de Bryan Garnier, la division allemande a essuyé une perte opérationnelle de 7 millions d’euros.
La dégradation du nombre de jours de crédit clients en Allemagne a pesé sur le cash-flow. Il est négatif à hauteur de 25 millions d’euros, dont la moitié est directement attribuée à la situation allemande. Conséquence, en ajoutant le coût des dernières acquisitions, la dette nette est montée à 212 millions d’euros, contre 155 millions un an auparavant.
Ce dérapage outre-Rhin est la conséquence d’un «manque d’attention et de discipline du management» de la filiale, a expliqué hier Dominique Cerutti, lors d’une conférence avec les analystes. L’intégration compliquée d’IndustrieHansa, acquis début 2013, a également pesé. Un plan d’urgence a d’ores et déjà été mise en œuvre pour réorganiser la direction. Des discussions ont également été engagées avec les représentants des salariés pour réduire les coûts et Altran prévoit de lancer un plan d’investissement «pour reconstruire ce que nous avons perdu», a expliqué Dominique Cerutti. L’objectif est de remettre la filiale sur une bonne trajectoire dans le courant du premier semestre 2016.
Malgré ces difficultés, le nouveau PDG d’Altran a insisté sur la résistance du modèle du groupe. Le niveau de chiffre d’affaires du premier semestre est le plus élevé jamais publié et l’objectif d’une «croissance profitable» pour 2015 est maintenu. Le consensus table sur un niveau de marge opérationnelle courant légèrement supérieur à 10%.
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