Les difficultés de Fortescue mettent fin au mirage australien des matières premières
Le mirage des matières premières est sur le point de faire mordre la poussière aux géants australiens du secteur. La chute des prix du minerai de fer de 31% depuis le début de l’année à 86 dollars la tonne, son plus bas niveau depuis trois ans, contraint Fortescue Metals Group, le quatrième acteur mondial très dépendant de la demande chinoise, à négocier avec ses créanciers un vaste programme de restructuration de sa dette. Autre conséquence: une révision à la baisse de ses projets d’investissement de 26% à 4,6 milliards de dollars. Fortescue a indiqué en fin de semaine dernière que les discussions avec les banques avancent et prévoit d’annoncer «une restructuration de ses crédits bancaires» avant demain.
Fortescue aurait déjà obtenu une facilité de crédit de 1,5 milliard en août, intégralement souscrite par Bank of America, créancier du groupe, avec JPMorgan, Credit Suisse et RBS, ainsi que des banques australiennes. «Si le prix des minerais de fer reste à son niveau actuel, Fortescue pourrait avoir besoin d’un milliard supplémentaire de financement à court terme, et environ 4 milliards sur deux ans pour respecter ses objectifs de ratio d’endettement», estime CLSA.
Dans ce contexte, des cessions d’actifs sont à l’ordre du jour en contrepartie d’un accord avec les créanciers, Le groupe a déjà envisagé de céder ses filiales d’hébergement, estimées entre 200 et 400 millions de dollars. Des rumeurs locales font également état d’une possible vente de sa flotte minière, évaluée à 1,4 milliard, ainsi que de son réseau de transport ferroviaire, estimé à 2 milliards.
La chute de l’action de 39% depuis fin juin a ramené la valorisation du groupe à 9,3 milliards de dollars locaux, à peine plus que son passif qui culmine à 8,7 milliards. Fortescue indique d’ailleurs qu’«il est dans le meilleur intérêt des actionnaires de suspendre la cotation des actions Fortescue». La différence entre le rendement de son obligation à 3 ans et le taux de référence s’est envolée de 57 pb pour atteindre 757 pb.
Un coup dur pour son président, Andrew Forrest, dont la fortune, qui dépend à 97% du cours de l’action de la société, a fondu de 1,1 milliard de dollars cette année, à 3,4 milliards. Sans compter que le scénario d’une augmentation de capital est sur la table. Selon l’Australian Financial Review, la société pourrait même céder une participation de 15% à son plus gros client, Baosteel Group.
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