Les dépréciations massives liées à UraMin ont fait mordre la poussière à Areva
Areva a publié hier soir, après la clôture des marchés, des résultats annuels marqués par les gigantesques dépréciations passées sur certains de ses actifs. Il y en a pour plus de 2 milliards d’euros au total, sans compter 800 millions d’euros de provisions et charges diverses ayant notamment trait à l’EPR finlandais et à la baisse des perspectives d’activités dans le sillage de Fukushima. Ce sont les actifs hérités d’UraMin, à savoir des projets en Namibie, République centrafricaine et Afrique du Sud, qui en représentent la majeure partie (1,45 milliard d’euros). Le groupe précise que la valeur résiduelle au bilan de ces actifs s'élève à 404 millions d’euros.
Le dossier UraMin est au cœur d’un bras de fer avec Anne Lauvergeon, l’ancienne présidente du directoire. Un audit interne a révélé mi-février l’absence de fraude lors de l’opération mais a souligné des dysfonctionnements en matière de gouvernance, ce que conteste Anne Lauvergeon. Dans le pôle amont, 474 millions d’euros de pertes de valeur ont également été comptabilisées, dont 283 millions au titre de l’activité chimie et 191 millions au titre de l’activité enrichissement.
Ces dépréciations aboutissent à une perte opérationnelle de 1,92 milliard d’euros, nettement supérieure à la prévision de 1,5 milliard fournie en décembre, pour un chiffre d’affaires de 8,87 milliards d’euros (-2,6%). La perte nette ressort à 2,42 milliards d’euros contre un bénéfice de 883 millions d’euros en 2010. Malgré ces mauvais chiffres, le groupe met en avant ses capacités de résilience, soulignant d’ores et déjà un excédent brut d’exploitation de plus d’un milliard d’euros au titre de 2011 (420 millions d’euros hors effets Siemens). Le carnet de commandes a progressé de 3,1% l’an dernier pour atteindre 45,55 milliards d’euros. Et le groupe a consommé 2,39 milliards d’euros de cash-flow, en deçà des prévisions.
Areva mise désormais sur son plan stratégique 2012-2016, qui prévoit des suppressions de postes en Allemagne, des cessions d’actifs (dont les 26% dans Eramet) et des réductions de coûts. Le groupe dirigé par Luc Oursel a confirmé hier les objectifs contenus dans le cadre de ce plan, à savoir une croissance organique annuelle de l’ordre de 3 à 6% sur la période 2012-2013 et un excédent brut d’exploitation supérieur à 750 millions d’euros cette année et à 1,25 milliard l’an prochain.
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