Les dépréciations d’actifs renforcent les interrogations sur les fonds propres de PSA

Alors que le groupe devrait annoncer jeudi plus de 5 milliards d’euros de pertes nettes, l’Etat assure que son entrée au capital n’est pas à l’ordre du jour
Olivier Pinaud

L’Etat n’entrera pas au capital de PSA Peugeot Citroën. Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre, l’a assuré vendredi. Ce «n’est pas à l’ordre du jour puisque PSA ne le demande pas», a-t-il expliqué. «Il existe un outil, le FSI, qui peut, si nécessaire, participer au capital. Cette question n’a aujourd’hui pas été posée. Elle ne se pose donc pas», a ajouté le Premier ministre.

La famille Peugeot, premier actionnaire du constructeur automobile, reste fortement attachée à l’indépendance du groupe. En 2010-2011, PSA s’était empressé de rembourser le crédit de 2 milliards d’euros reçu de l’Etat quelques mois auparavant pour traverser la crise provoquée par l’effondrement brutal du marché automobile. L’an dernier, le groupe a bien accepté la nomination d’un administrateur indépendant représentant l’Etat à son conseil de surveillance. Mais il n’avait pas d’autre choix: sa banque n’avait été sauvée de la faillite que grâce à la promesse d’une garantie publique.

Si elle n’est pas aujourd’hui d’actualité, la question d’une entrée directe de l’Etat devrait néanmoins se poser en cas de nouvelles difficultés du constructeur. Les vertus de l’augmentation de capital d’un milliard d’euros réalisée il y a un peu moins d’un an, avec le soutien de General Motors, puis des cessions d’actifs ont été en grande partie absorbées par la consommation de trésorerie du groupe (environ 200 millions d’euros par mois), par les pertes de la division automobile et enfin par l’annonce la semaine dernière de 4,1 milliards d’euros de dépréciations supplémentaires en 2012.

Selon Kepler Capital Market, PSA pourrait annoncer jeudi une perte nette de 5,8 milliards d’euros. Et les fonds propres devraient tomber à 8 milliards d’euros fin 2012, redoute CM-CIC. Un niveau qui n’engendre aucune rupture de covenant, le groupe disposant même d’une certaine marge de manœuvre sur son ratio de dette nette sur fonds propres.

Toutefois, n’attendant pas une réelle amélioration du marché à l’horizon de son plan 2015, il est probable que d’ici là ses fonds propres continuent de s’éroder en 2013 et les années suivantes, ce qui rendrait alors inévitable une nouvelle augmentation de capital, sachant que le groupe a peu d’actifs à vendre en réserve.

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