Les défaillances en France devraient atteindre un niveau record en 2013

En raison de la faible croissance anticipée pour 2014, Coface ne table pas sur une réelle amélioration des faillites l’an prochain
Bruno de Roulhac
Défaillances en France, un niveau record attendu en 2013 selon la Coface. Photo: PHB
Défaillances en France, un niveau record attendu en 2013 selon la Coface. Photo: PHB  - 

Les PME demeurent dans la tourmente. Sur les douze derniers mois (novembre 2012-octobre 2013), les faillites d’entreprises françaises ont progressé de 4,3% à 62.431 unités, mais de 8% pour les seules PME, et de -29% pour les ETI, selon les derniers chiffres de Coface. Sur l’ensemble de l’année, l’assureur crédit anticipe 62.500 redressements ou liquidations judiciaires, un niveau historiquement élevé, en hausse d’environ 3% sur un an. En 2014, Coface n’anticipe qu’une très légère amélioration avec près de 62.000 défaillances, en l’absence de réelle reprise de la consommation avec une croissance du PIB limitée à 0,6% selon l’assureur crédit.

Toutefois certains signes laissent présager un retour à un rythme «normal», avec des défaillances plus nombreuses mais de plus petite taille, avec moins de réductions d’emplois (-3,3%, soit près de 200.000 postes supprimés), et moins coûteuses (baisse de 7,4% de la dette fournisseur sur les douze derniers mois à 4,25 milliards d’euros). Même si la dette totale (60% d’encours fournisseurs et 40% d’emprunts bancaires) proche de 7 milliards d’euros a reculé de 6,8% sur les douze derniers mois, elle a bondi de 57,5% en six ans. Depuis 2007, la dette bancaire a plus que doublé à 2,8 milliards d’euros.

Les risques se détériorent particulièrement dans trois secteurs, qui pèsent près de la moitié des faillites. D’une part le nombre de défaillances s’accélère dans la construction (+5,1% sur un an), la distribution (+8,1%) et le textile (+4,8%). D’autre part, le coût bondit de +67% pour le textile, +47% pour la distribution, et +9,6% pour la construction. En revanche, Coface constate une amélioration sur les segments de la chimie et du papier-bois, qui ne pèsent cependant que 4% de l’ensemble du nombre défaillances, et 8% du coût total.

La construction pèse toujours un tiers des défaillances en France, et près de 30% du coût total. Une surreprésentation, spécifiquement française, qui s’explique par la fragilité structurelle du secteur composé majoritairement de micro-entreprises et dont la rentabilité s’est fortement dégradée. De plus, avec des prix de l’immobilier surévalués d’environ 30%, Coface anticipe une baisse d’environ 5% des prix en 2014. Cette tendance devrait se traduire par une nouvelle augmentation des défaillances dans la construction, prévient l’assureur crédit.

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