Les défaillances en France devraient atteindre un niveau record en 2013
Les PME demeurent dans la tourmente. Sur les douze derniers mois (novembre 2012-octobre 2013), les faillites d’entreprises françaises ont progressé de 4,3% à 62.431 unités, mais de 8% pour les seules PME, et de -29% pour les ETI, selon les derniers chiffres de Coface. Sur l’ensemble de l’année, l’assureur crédit anticipe 62.500 redressements ou liquidations judiciaires, un niveau historiquement élevé, en hausse d’environ 3% sur un an. En 2014, Coface n’anticipe qu’une très légère amélioration avec près de 62.000 défaillances, en l’absence de réelle reprise de la consommation avec une croissance du PIB limitée à 0,6% selon l’assureur crédit.
Toutefois certains signes laissent présager un retour à un rythme «normal», avec des défaillances plus nombreuses mais de plus petite taille, avec moins de réductions d’emplois (-3,3%, soit près de 200.000 postes supprimés), et moins coûteuses (baisse de 7,4% de la dette fournisseur sur les douze derniers mois à 4,25 milliards d’euros). Même si la dette totale (60% d’encours fournisseurs et 40% d’emprunts bancaires) proche de 7 milliards d’euros a reculé de 6,8% sur les douze derniers mois, elle a bondi de 57,5% en six ans. Depuis 2007, la dette bancaire a plus que doublé à 2,8 milliards d’euros.
Les risques se détériorent particulièrement dans trois secteurs, qui pèsent près de la moitié des faillites. D’une part le nombre de défaillances s’accélère dans la construction (+5,1% sur un an), la distribution (+8,1%) et le textile (+4,8%). D’autre part, le coût bondit de +67% pour le textile, +47% pour la distribution, et +9,6% pour la construction. En revanche, Coface constate une amélioration sur les segments de la chimie et du papier-bois, qui ne pèsent cependant que 4% de l’ensemble du nombre défaillances, et 8% du coût total.
La construction pèse toujours un tiers des défaillances en France, et près de 30% du coût total. Une surreprésentation, spécifiquement française, qui s’explique par la fragilité structurelle du secteur composé majoritairement de micro-entreprises et dont la rentabilité s’est fortement dégradée. De plus, avec des prix de l’immobilier surévalués d’environ 30%, Coface anticipe une baisse d’environ 5% des prix en 2014. Cette tendance devrait se traduire par une nouvelle augmentation des défaillances dans la construction, prévient l’assureur crédit.
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