Les créanciers de Conforama maintiennent le groupe
Une conciliation validée par le tribunal de commerce prévoit l’injection de 316 millions d’euros de «new money» pour tenter de rétablir le groupe.
Publié le
Olivier Pinaud
Conforama a souffert de la dégradation du marché français de l’ameublement.
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Magasin rue du Pont-Neuf à Paris. DR.
Conforma gagne du temps. Le tribunal commercial de Meaux a approuvé hier un accord de conciliation entre les créanciers des différents sociétés du groupe d’ameublement, propriété du sud-africain Steinhoff. Le plan prévoit l’injection par les créanciers de 316 millions d’euros de nouvelles disponibilités (new money).
Selon une présentation faite aux prêteurs, le montant cash de cette new money s’élève à 301 millions d’euros. Elle a une maturité de 4 ans et paie des intérêts de 10% au-dessus de l’Euribor 3 mois. Plusieurs commissions ont également été payées aux prêteurs, qui ont souscrit cette nouvelle dette avec une décote importante (97,5 sous le pair). Une fiducie a été mise en place pour apporter plus de protection aux prêteurs.
En parallèle, d’autres financements ont été aménagés. Tikehau a par exemple accepté d’aligner sur cette nouvelle dette la maturité du crédit de 115 millions d’euros à 3 ans débloqué pour Conforama en janvier 2018, tout en conservant ses éléments de sécurité.
Ces ressources doivent permettre à Conforama de lancer un plan de restructuration avant une probable cession. Ce plan sera mené par une nouvelle direction, avec Helen Lee Bouygues à la présidence et Cédric Dugardin comme directeur général, à la place d’Alexandre Nodale.
Lors d’un comité central d’entreprise tenu hier, la direction a indiqué qu’une «première tranche servira à rembourser une partie des dettes de Conforama mais aussi à financer les besoins en trésorerie et à améliorer la performance de l’enseigne», explique Force Ouvrière. Par ailleurs, «une seconde tranche à percevoir au cours du 1er trimestre 2020 pourrait servir pour partie à restructurer certains magasins dits déficitaires».
Fin 2018, Conforama portait une dette nette consolidée de 1,72 milliard d’euros. Selon des données encore non auditées, Conforama a réalisé en 2018 un chiffre d’affaires de 3,4 milliards d’euros, en baisse de 4% en données comparables. Son Ebitda a chuté de 60%, à 54 millions. Déjà pénalisé par les difficultés de son propriétaire Steinhoff, au coeur d’un scandale comptable, Conforama a également souffert de la dégradation du marché français de l’ameublement. Les cash-flows après investissements du groupe étaient négatifs de 197 millions d’euros l’an dernier.
Selon les projections transmises aux prêteurs, Conforama prévoit une hausse de 3% du chiffre d’affaires cette année, mais une nouvelle baisse de l’Ebitda à 48 millions. Le cash-flow devrait retrouver l’équilibre en 2020.
Le groupe de services aux entreprises change de mains. Confronté à un bilan trop lourd au regard de sa trajectoire de flux de trésorerie, le groupe passe dans les mains de ses créanciers qui vont prendre une très large majorité du capital et réinjecter 140 millions d’euros.
Le groupe français s’est progressivement recentré sur les matériaux de spécialités, alors que son concurrent belge s’est scindé en deux sociétés indépendantes fin 2023.
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