Les constructeurs automobiles allemands ne sont pas épargnés par la crise du marché
La chute continue depuis maintenant onze mois du marché automobile européen commence à peser sur les constructeurs automobiles allemands, jusque-là relativement épargnés. La direction de Daimler a prévenu hier que Mercedes-Benz, sa division d’automobiles haut de gamme, verrait son résultat opérationnel se dégrader au second semestre 2012 par rapport à la première partie de l’année.
Le dérapage sera tel que le bénéfice annuel de Mercedes-Benz sera inférieur à celui de 2011. L’an dernier, la marque à l’étoile avait dégagé 5,2 milliards d’euros de résultat d’exploitation, soit 9% du chiffre d’affaires. Face à la dégradation plus marquée que prévu de l’activité en Europe, la direction de Daimler indique avoir engagé des mesures de réductions des coûts.
La division automobile représente à elle seule 54% du chiffre d’affaires de Daimler et 60% de son résultat d’exploitation. La bonne tenue des autres marchés du constructeur, camions, autobus ou utilitaires, devrait en revanche permettre d’atteindre l’objectif fixé en début d’année par le groupe allemand. Le cours de l’action Daimler a tout de même chuté de 2,02% à 39,22 euros.
Déjà, fin juillet, lors de l’annonce des résultats semestriels, Daimler avait légèrement atténué ses objectifs pour Mercedes-Benz, parlant d’un résultat d’exploitation 2012 aux environs de celui de 2011 contre une stabilité affirmée précédemment. Le marché s’était étonné à l'époque que le groupe ne révise pas plus drastiquement ses ambitions alors que le bénéfice d’exploitation au premier semestre de Mercedes avait déjà chuté de 10%.
En partie attendu, l’avertissement d’hier nuit surtout à la crédibilité de la direction de Daimler, regrettent les analystes de Bernstein. Et selon eux, l’objectif de 10% de marge d’exploitation de Mercedes-Benz en 2013, contre moins de 8% estimés cette année, ressemble à une promesse intenable.
L’avertissement de Daimler a entretenu le doute dans l’esprit des investisseurs sur la capacité de résistance des constructeurs allemands. Car en plus de la crise en Europe, le groupe se plaint des conséquences de la concurrence en Chine, le marché qui a assuré son succès ces dernières années. BMW et Volkswagen, via Porsche, pourraient donc eux aussi commencer à s’essouffler dans les prochains mois.
Plus d'articles du même thème
-
L’Af2i a remis ses prix académiques pour des recherches publiées en 2025
La commission Recherche de l’Association française des investisseurs institutionnels a distingué trois chercheurs pour des travaux qui portent cette année sur des sujets de durabilité. -
Mubadala rassure les gestionnaires d’actifs américains
Mubadala, le fonds souverain d’Abou Dabi, a réaffirmé son engagement à investir aux États-Unis à l’occasion d’une conférence mondiale organisée par le Milken Institute. -
LD Pensions recherche un gérant actions européennes
Le danois LD Pensions a lancé un appel d’offres pour la gestion de ses investissements en actions européennes.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
- Le gendarme de l'assurance suspend le courtier Jacques Pilliot
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des motsEn s'attaquant à l'« assistanat », Marine Le Pen lisse ses divergences avec Jordan Bardella
En élargissant sa critique de « l’assistanat », marqueur longtemps verrouillé de son discours, Marine Le Pen amorce une redéfinition de son image politique à l’approche de 2027. Un ajustement qui réduit aussi le contraste grandissant avec Jordan Bardella -
Tête baissée« Projet Liberté » de Donald Trump : les risques du passage en force du détroit d'Ormuz
Les escortes américaines de navires commerciaux dans le passage stratégique pourraient bien les exposer encore plus aux tirs des Iraniens -
RadioscopieAudiovisuel public : mauvais rapport, bonnes questions
Aussi contestée soit-elle, la croisade menée par le rapporteur UDR de la commission d’enquête, Charles Alloncle, aura eu un mérite : mettre fin à l’immunité dont jouissaient France Télévisions et Radio France