Les cessions-transmissions de PME devraient s’accélérer

La moitié des dirigeants de plus de 60 ans veulent vendre d’ici à deux ans, un facteur de dynamisme pour les entreprises, selon l’Observatoire BPCE
Alexandra Oubrier

Le rythme s’accélère pour les entreprises qui changent de mains. Sur les 202.000 PME existantes en 2010 (entre 10 et 250 salariés, entre 2 et 50 millions d’euros de revenus), 12.315 ont fait l’objet d’une cession-transmission selon diverses modalités, d’après l’Observatoire BPCE.6.500 entreprises ont été cédées directement, un millier à travers un holding et 1.600 par changement d’actionnaire principal. A cela s’ajoutent 1.635 cessions intrafamiliales et 1.615 changements de dirigeant actionnaire.

Au-delà de ces 12.000 opérations certaines, environ 5.000 événements liés à des changements de dirigeants ou d’actionnaires minoritaires pourraient recouvrir une cession, soit au total, plus de 17.000 opérations.

Le chiffre reste toutefois en dessous des intentions de vendre exprimées par les dirigeants: 24% d’entre eux sont prêts à céder d’ici à deux ans et, surtout, 49% parmi les plus de 60 ans. Cette aspiration est freinée par plusieurs facteurs: 37% éprouvent des difficultés à identifier les bons interlocuteurs et les bons conseils, 35% estiment manquer de temps pour préparer la cession et 31% jugent le prix de conseils extérieurs trop élevé.

Mais le fond du sujet semble plus psychologique. «L’identification de repreneurs potentiels de confiance devient un enjeu essentiel et la première attente d’accompagnement externe, expose l’Observatoire BPCE. L’importance accordée à la qualité de la relation et la capacité à forger une communauté d’esprit autour d’un projet semble poser un grave problème d’ajustement qualitatif entre l’offre et la demande.» Cet ajustement s’opère donc par le vieillissement des dirigeants qui préfèrent consolider les fonds propres de leur entreprise, se désendetter plutôt que d’investir avec l’idée de sécuriser leurs revenus d’activité et de développer leur patrimoine personnel.

Ces entreprises en sortent plus solides, certes, mais moins dynamiques alors qu’une cession est souvent l’occasion d’une relance de l’investissement et de la croissance. Le risque de défaillance à trois ans des sociétés cédées est, en outre,bien plus faible que lorsqu’elles restent entre les mains d’un dirigeant âgé. L’enjeu de la transmission d’entreprises réside donc aussi dans l’accompagnement des cédants et des repreneurs en vue de combler l'écart entre générations.

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