Les autoroutes milanaises cherchent un actionnaire industriel

Les 82% du capital du troisième réseau autoroutier italien mis en vente par l’actionnaire public sont valorisés 657 millions d’euros au minimum
Olivier Pinaud

Décidée par le gouvernement de Mario Monti afin de soulager les finances publiques, la privatisation du réseau autoroutier milanais, le troisième plus important du pays, bat son plein. La direction d’Asam, la structure publique à la tête de la société qui gère 185 km d’autoroutes en Lombardie, fait le tour de l’Europe pour trouver le ou les actionnaires susceptibles d’offrir le meilleur prix pour les 82% du capital mis en vente. Le montant plancher pour emporter la participation a été fixé à 657 millions d’euros. Les dossiers devront être rendus le 26 novembre au plus tard. Le processus est dirigé par Rothschild.

Le dossier pourrait intéresser des investisseurs financiers, à la recherche d’actifs d’infrastructures offrant des revenus et des flux de trésorerie relativement prévisibles, même si le trafic autoroutier dépend de l’activité économique. Atlantia (ex-Autostrade), le premier réseau autoroutier italien a essuyé une baisse de 6,7% du trafic au troisième trimestre.

Déjà, l’an dernier, plusieurs investisseurs, dont la Caisse des dépôts et consignations et Macquarie, le partenaire d’Eiffage en France dans les autoroutes, avaient envisagé d’investir au capital de la société italienne, selon un dirigeant d’Asam. Mais le processus de réorganisation de la société et de son capital avait été annulé. L’actionnaire public souhaite en effet que le repreneur principal de la société soit un industriel, capable de gérer les 8 milliards d’euros d’investissements prévus par le réseau autoroutier dans les prochaines années.

En France, Vinci et Eiffage pourraient regarder le dossier. L’espagnol Abertis fait également figure de candidat éventuel. En raison des synergies potentielles qui pourraient déboucher du rachat de Milano Serravalle, le groupe italien Atlantia, numéro un des autoroutes dans le pays, serait mieux placé.

Mais le risque concurrentiel pourrait compliquer le processus. En cas d’échec de l’appel d’offres en cours, la direction d’Asam n’exclut pas de mettre le dossier en Bourse. Si les différentes collectivités locales aujourd’hui au capital vendront leur participation lors de cette privatisation, un pacte prévoit qu’elle conservent un ou plusieurs représentants au conseil d’administration.

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