Les autorités britanniques brisent les dernières ambitions de Ryanair sur Aer Lingus
Nouveau coup dur pour Ryanair. Déjà empêchée par la Commission européenne de racheter Aer Lingus, la compagnie aérienne irlandaise risque de devoir ramener sa participation au capital de sa compatriote de 29,8% à 5% selon une exigence de la Commission de la Concurrence britannique. Comme elle l’avait déjà estimé fin mai dans une décision préliminaire, la Commission pense que cette participation représente un danger pour la concurrence sur les lignes aériennes entre la Grande-Bretagne et l’Irlande.
«Nous considérons qu’il existe une tension entre le rôle de Ryanair comme concurrent et son rôle comme le plus gros actionnaire d’Aer Lingus et que Ryanair est encouragée à affaiblir l’efficacité concurrentielle de sa rivale», a expliqué Simon Polito, président du groupe d’enquête. Outre la réduction de sa participation, Ryanair ne devra pas chercher à obtenir ni accepter de siège au conseil d’administration d’Aer Lingus et ne devra pas acquérir d’actions à l’avenir, ajoute la Commission. Par ailleurs, la Commission estime qu’avoir un actionnaire à 29,8% empêche Aer Lingus d’être rachetée par une autre compagnie aérienne, voire simplement de nouer des alliances. Aer Lingus s’est félicitée de la décision de la Commission car «il était inacceptable que notre principal concurrent puisse rester notre actionnaire à hauteur de 29,82% et interférer avec nos affaires», a déclaré son président Colm Barrington.
«Cette approche préjudiciable vis-à-vis d’une compagnie irlandaise est très dérangeante de la part d’une agence du gouvernement anglais (sic) qui se considère comme un modèle d’autorité de la concurrence», a tempêté Michael O’Leary, le fondateur de Ryanair. Il a annoncé sa volonté de faire appel d’une décision «injuste» et «illégale». La procédure pourrait durer plusieurs années.
Le président de Ryanair s'étonne qu’aucun des «remèdes» qu’il avait proposés n’ait été retenu. Ryanair avait notamment annoncé en juillet être prête à céder sa part dans Aer Lingus à toute compagnie de l’Union européenne qui ferait une offre sur cette dernière. Un appel qui n’a suscité aucune manifestation d’intérêt public pour l’instant. La participation de Ryanair vaut environ 270 millions d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
Un Shein en perte de vitesse se présente à la Bourse de Hong Kong
Le géant controversé de la fast fashion a publié le 26 juillet son document d'introduction en Bourse. Il a signé une perte au premier trimestre et pâtit des taxations imposées aux petits colis dans les pays occidentaux. -
Le déficit commercial français reste plus lourd qu'avant la crise sanitaire
Le solde commercial français dépend de quatre principaux secteurs industriels qui n’ont pas retrouvé le même niveau d’exportations qu’avant la pandémie de Covid, hormis le secteur du luxe. -
Face au risque climatique, la tutelle des assureurs les appelle à se mobiliser sur la prévention
Alors que les incendies font rage près de Bordeaux, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a conduit en 2025 et 2026 une revue de la gestion des risques liés au changement climatique. De bonnes pratiques ont été relevées chez les assureurs, mais les actions de prévention restent à déployer.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Tiré par sa banque d'investissement, BNP Paribas annonce des profits en forte hausse
- Les marchés se préparent à un discours ferme de la BCE
- Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
- Olivier Gavalda succède à Daniel Baal à la Fédération bancaire française
Contenu de nos partenaires
-
Cocktail explosifMégafeux : pourquoi ce n'est que le début
« Orage de feu » jamais vu, record d'évacuations, trentaine de foyers actifs simultanément : ce pire épisode d'incendies que le pays ait connu depuis 1949 illustre ce que les climatologues annoncent depuis des années -
EditorialCanicules, mégafeux : l'impasse de l'infantilisation citoyenne
Il est temps de changer de paradigme. Le précautionnisme a vécu. Pratiquée par tous nos dirigeants, cette religion de la protection absolue – « quoi qu'il en coûte » – sonne de plus en plus comme une promesse creuse -
BatailleA400M, bulldozers, sapeurs : la mobilisation maximale des militaires face aux feux
Les armées fournissent matériels et personnels face aux incendies, en plus d’une brigade dédiée à la sécurité civile. Et fait monter en puissance ses dispositifs